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PASSION-TRAINS

FRET FERROVIAIRE : La SNCF déplore un manque de sillons

10 Mars 2011 , Rédigé par Lesechos.fr Publié dans #ACTU

Logo-RFF.jpg logo SNCF FRANCE - Il faut sauver le soldat fret  !  Tel est le message du collectif d'élus, de syndicalistes et de militants écologistes, réunis dans «l'appel des 365», qui animera jeudi des manifestations dans les gares pour sensibiliser le grand public à la situation du transport ferroviaire de marchandises. Ce collectif reproche notamment à la SNCF (qui détient près de 85% du marché français du fret ferroviaire) d'avoir renié les engagements du Grenelle de l'Environnement lequel a fixé, pour les transports de marchandises en France, un objectif de doublement du «fret non routier» (c'est-à-dire ferroviaire et fluvial) à 25% d'ici à 2022.

 

Avec la récente autorisation des camions de 44 tonnes, «on ne va pas vraiment dans cette direction», souligne Pierre Blayau, le directeur général de SNCF Geodis (organisation de transport, transport routier et ferroviaire et logistique), dans un entretien au Figaro. «Il est faux de dire que nous privilégions la route», ajoute-t-il avant de souligner que la SNCF propose des solutions de transport combinant le ferroviaire, la route, voire le transport fluvial. En témoignent  : le rachat de Lorry Railqui propose des services d'autoroute ferroviaire, ou encore la prise de contrôle de Novatrans, leader français du transport combiné rail-route.

 

Pour ce qui est de l'activité de fret ferroviaire stricto sensu : «Aujourd'hui, les difficultés sont plus dans le camp de Réseau ferré de France et de l'Etat», observe-t-il en pointant le problème récurrent de la disponibilité des «sillons» (NDLR : les créneaux, horaires et physiques alloués par RFF pour la circulation des trains). «C'est à peine croyable, mais nous refusons actuellement des trains de fret en raison des problèmes de disponibilité des sillons» ajoute-t-il.

 

Sur la durée toutefois, nul ne peut nier le déclin du transport ferroviaire de marchandises en France, une activité dominée par la SNCF. Selon les données publiées par le ministère des Transports, les trains de Fret SNCF (alors en situation de monopole) avaient transporté 209 millions de tonnes de fret en 1980. En 2009 (dernière données disponibles), le volume n'était plus que de 86 millions de tonnes. Et ce, malgré l'apparition sur le marché, à compter de 2005, de plusieurs opérateurs privés.

 

Trop lent, trop cher, trop loin de la qualité de service rendue aux chargeurs par le transport routier _ qui sert de référence-prix pour le transport de marchandises _ , le fret ferroviaire a également pâti de ses propres difficultés à se réformer. Ce n'est pourtant, pour la SNCF, faute d'avoir essayé. Depuis 1997, la direction de l'entreprise a élaboré successivement cinq «plans fret», dont le plan Véron de 2003-2004, un plan de sauvetage doté de 1,5 milliard d'euros par l'Etat et la SNCF. La SNCF a aussi revu son offre, abandonnant progressivement l'essentiel des services de messagerie ferroviaire (le «wagon isolé», en jargon ferroviaire) au profit des services de «trains complets», notamment entre les ports. Mais rien n'y a fait. Tous ces plans ont échoué à sortir Fret SNCF du cycle des pertes récurrentes où il s'enlise. En cumul depuis 2003, Fret SNCF a perdu près de 3 milliards d'euros.

 

 

Accusé par un collectif de sacrifier le fret ferroviaire, Pierre Blayau, directeur général de SNCF Geodis, invoque le manque de créneaux proposés par RFF. Malgré cinq «plans fret» successifs depuis 1997, l'activité de Fret SNCF reste déficitaire. "Peut être, mais c'est parce qu'on a pas assez de sillons... rien à voir avec nos grèves à répétition."

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