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PASSION-TRAINS

INGENIERIE : SNCF et RATP bataillent pour récupérer Systra

7 Septembre 2010 , Rédigé par Lefigaro.fr Publié dans #TECHNOLOGIE

logo-sncf logo ratp FRANCE - La bataille fait rage dans les couloirs des ministères. L’objet en est la société Systra, que ses deux principaux actionnaires, la SNCF et la RATP, souhaitent récupérer. La société d’ingénierie, qui s’est illustrée sur le métro de Dubaï et est présente sur le TGV des Lieux saints Médine-Jeddah-La Mecque ou encore le TGV californien, doit passer prochainement sous le giron de l’une des deux entreprises publiques. Il est lui en effet devenu difficile d’appartenir à deux entreprises de plus en plus concurrentes : la SNCF se développe dans le transport urbain via sa filiale Keolis, la RATP est amenée à sortir d’Ile-de-France pour répondre à des appels d’offres.

 

Les tensions entre les deux maisons mères se sont également accompagnées de la création de deux filiales concurrentes de Systra : Xelis côté RATP qui vend le métro automatique, Inexia côté SNCF qui vend le TGV. «Il y a un vrai problème de gouvernance, admet-on chez Systra, et il est urgent de mettre de l’ordre dans tout cela.»

 

Une réunion interministérielle se tient aujourd’hui pour étudier les scénarios des deux candidats. La décision du gouvernement sera prise d’ici au 15 septembre. Le scénario RATP propose que la Régie rachète à la SNCF sa part, estimée à 150 millions d’euros, et fasse fusionner Systra avec les activités de Xelis, sa propre filiale d’ingénierie. La RATP récupérerait l’expertise de Systra en matière de transport urbain, tandis que son expertise ferroviaire, notamment sur les projets TGV, muterait vers la SNCF. Face à ce scénario, la SNCF propose de monter à 67 % du capital de Systra, que la RATP conserve 19 % de l’entreprise, et que le reste (environ 14 %) reste aux mains des banques.  Ce scénario permettrait de constituer un champion mondial de l’ingénierie : la SNCF serait alors l’actionnaire industriel de référence, et la RATP garderait un rôle de premier plan sur le segment du métro.

 

Pour l’instant, le scénario de la RATP tient la corde. Un rapport rédigé par Jean-François Bénard, magistrat de la Cour des comptes et ancien directeur général de la SNCF, préconise que Systra revienne à la RATP. Mais la SNCF continue à défendre son scénario qui permettrait, selon elle, d’éviter un éclatement des savoir-faire. Dans une lettre adressée le mois dernier à Dominique Bussereau, le secrétaire d’État aux Transports, et dont Le Figaro s’est procuré une copie, Guillaume Pepy, le président de la SNCF, défend la constitution d’un «champion national à même de faire contrepoids à l’influence grandissante des acteurs anglo-saxons et asiatiques » et surtout un scénario «mettant fin à la dynamique de concurrence fratricide entre acteurs publics qui s’amorce aujourd’hui à l’international ».

 

La SNCF se plaint également, dans une note remise au gouvernement, d’un rapport reposant sur «des biais méthodologiques» ainsi que sur «plusieurs omissions dans l’analyse». Le rapport Bénard n’étudie en effet pas l’hypothèse défendue par la SNCF de constituer une «Maison France» de l’ingénierie pesant 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, là où Systra réalise aujourd’hui 250 millions. Ce scénario a la faveur des cadres de Systra. «Le projet SNCF est plus porteur, explique l’un d’eux. Nous souhaitons éviter un démantèlement de nos activités et continuer à travailler de front sur les sujets urbains et ferroviaires.»

 

 

Le gouvernement doit décider qui de la SNCF ou de la RATP prendra le contrôle de leur filiale commune d’ingénierie. Une réunion interministérielle examine aujourd’hui les dossiers des deux candidats. Qui va l'emporter ?

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