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PASSION-TRAINS

PEAGES : TGV, un modèle qui «décroît à grande vitesse»

27 Septembre 2010 , Rédigé par 20minutes.fr Publié dans #ACTU

Logo-RFF.jpg logo SNCF FRANCE - On l’appelait la «vache à lait» de la SNCF. Alors qu’il fêtera ses trente ans l’année prochaine, le TGV semble subir un coup d’arrêt dans la progression continue qu’il connaissait depuis son lancement. Après une année blanche en 2009, le trafic est en légère hausse de 0,4% sur les cinq premiers mois de l’année. Mais Barbara Dalibard, directrice générale de SNCF Voyages, reconnaît que «nous avons été aidés par l’affaire du nuage volcanique» en avril dernier. Celui-ci avait en effet cloué au sol la plupart des avions en France.

 

Plus inquiétant encore, les perspectives d’évolution ne sont guère rassurantes. Le président de la SNCF Guillaume Pepy a annoncé vendredi un chiffre attendu depuis des semaines: le montant du péage que l’entreprise ferroviaire devra reverser à Réseau ferré de France en 2012, pour faire passer ses trains sur les lignes ferroviaires. Il s’élèvera à 190 millions d’euros, soit une augmentation de 13,3% par rapport à celui de 2011. «Nous sommes en train de simuler l’impact de cette hausse. Mais il y aura des augmentations de tarifs», a déjà annoncé Barbara Dalibard.

 

Le montant des péages représente désormais 30% du prix du billet de TGV. «La profitabilité du TGV décroit à grande vitesse, poursuit la patronne de la branche Voyages, et le modèle ne devient plus viable, surtout au moment où la concurrence arrive sur notre territoire.» L’italien Trenitalia devrait effectivement faire circuler des trains entre Milan et Paris d’ici à la fin de l’année. Et la Deutsche Bahn a fait part de son intérêt pour concurrencer Eurostar sur la liaison Cologne-Londres. Les ultra-modernes ICE de la DB passeront-ils par Paris, là est la question. «Comme sur ces lignes nous ne pouvons pas faire circuler plus de trains qu’il y en a déjà, mathématiquement nous allons perdre des parts de marché», analyse la SNCF, qui se veut néanmoins «confortable» face à l’ouverture à la concurrence.

 

Barbara Dalibard souligne toutefois que cette concurrence ne viendra exploiter «que des lignes rentables» Une manière de pointer du doigt un autre «récif» que rencontre la SNCF: le problème des trains d’aménagement du territoire. Ces lignes déficitaires, mais que l’Etat demande à l’entreprise ferroviaire de continuer d’exploiter, coûtent à la SNCF «200 millions d’euros par an». Le seul Paris-Granville plombe les comptes de l’entreprise à hauteur de 7 millions d’euros par an. «Il est toutefois probable que l’Etat devienne l’autorité organisatrice de ces trains, et joue ainsi le rôle de celui des régions pour les TER, espère Jean-Pierre Farandou, patron de la branche Proximités. Nous espérons des annonces début octobre.» Face à ce défi de la rentabilité Barbara Dalibard pose une autre question: à défaut de supprimer des liaisons TGV, comme il en avait été question cette année, «ne faudrait-il pas chercher des solutions de complémentarité entre le TER et le TGV, lorsqu’une collectivité réclame chez elle une liaison TGV absolument pas rentable?»

 

L’inauguration de nouvelles lignes, comme TGV Rhin-Rhône en décembre 2011, qui permettra notamment de gagner une heure sur les liaisons entre Strasbourg, Marseille et Montpellier, constituent elles des opportunités de croissance. Mais feront également grimper le montant des péages. «Pendant longtemps circulait cette idée que, à force de faire du ferroviaire, cela allait s’équilibrer tout seul. Nous sommes en train de démontrer que ce n’est pas le cas», explique Guillaume Pepy. Surtout quand le modèle économique ne permet pas de réinvestir dans du nouveau matériel. «Dès lors que nous ne générons pas de cash-flow nécessaire pour acheter des trains, nous sommes contraints de les faire rouler plus longtemps, poursuit Barbara Dalibard. Il n’y a donc pas d’appel d’offre en cours pour du nouveau matériel grande vitesse.»

 

Les heureux gagnants de cette nouvelle donne devraient être les «voyageurs du quotidien», comme les appelle la SNCF. «La nouvelle croissance de la SNCF c’est celle du secteur de la proximité», proclame désormais Guillaume Pepy, qui veut mettre ces transports «au même niveau de qualité que la grande vitesse.» Il est vrai que ces voyageurs du quotidien, représentent rien moins que 90 % des 5 millions de voyageurs que transporte l’entreprise ferroviaire chaque jour.

 

 

Le fleuron de la SNCF mis à mal par l'augmentation du prix des péages ferroviaires... Avec un montant des péages qui représente désormais 30% du prix du billet de TGV, la compagnie naionale s'inquiète, surtout au moment où la concurrence arrive en France avec prochainement l’italien Trenitalia. RFF voudrait elle tuer la poule aux oeufs d'or ?

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