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PASSION-TRAINS

PERTURBATIONS : Quand les vacances déraillent

10 Avril 2011 , Rédigé par Sudouest.fr Publié dans #FLASH INFO

logo SNCF FRANCE - Pâques aura sonné hier avec au moins trois heures de retard pour près de 2 000 usagers de la ligne SNCF reliant Bordeaux à Dax. La route des vacances a en effet été perturbée par le déraillement d'un wagon de queue de la société Euro Cargo Rail au sud de la gare de Labouheyre, dans les Landes - entre les silos de l'entreprise Suberchicot et la sous-station d'électricité. Le train, réservé au transport de bois, circulait à vide, du nord vers le sud. L'incident a bloqué tout trafic sur la ligne jusqu'à ce que la SNCF puisse engager les opérations de redressage. Tout est rentré dans l'ordre plus vite que prévu, une fois passé les douze coups de midi.

 

La cause de ce début de vacances mouvementé ? « A priori, il s'agit d'une erreur d'aiguillage », indique-t-on du côté de la compagnie de gendarmerie de Parentis-en-Born, chargée de l'enquête. Une erreur d'aiguillage qui est diversement appréciée par les usagers. Le contretemps amuse une passagère d'Arengosse, bien qu'il ne soit pas de très bon augure pour le voyage qu'elle entreprend : elle doit être à Paris le soir même, pour s'envoler dimanche matin vers l'Ouzbékistan. Alors « le bus à 11 h 30 pour Bordeaux au lieu du train une heure avant… ce n'est pas très grave », sourit-elle.

 

Beaucoup de « philosophie », également, chez Nicolas, Grégory et Teddy : ces trois jeunes comédiens regagnent la capitale après avoir joué vendredi soir à Mont-de-Marsan « Roméo et Juliette, la version interdite », une satire burlesque de Shakespeare qui sera présentée au festival off d'Avignon. C'est plutôt à leur spectacle qu'ils pensent… En revanche, certains se laissent gagner par l'impatience. C'est le cas de Claude, qui a très peu goûté le fait de devoir prendre deux bus de substitution depuis Bordeaux - avec un changement à Morcenx - pour se rendre à… Ychoux.

 

Et pourtant, la SNCF n'a pas ménagé ses efforts en ce jour de départs en vacances. « Même si la responsabilité de la SNCF n'est pas engagée puisque le train de marchandises était tracté par une entreprise privée, nous avons tout fait pour nous occuper des passagers », explique la chargée de communication d'astreinte ce week-end à la SNCF. Le dispositif de prise en charge des voyageurs a d'abord consisté en la mise en place de bus de substitution, dans les deux sens. « Une trentaine en tout, qui ont véhiculé la totalité des passagers des TGV et TER pris au piège en les ramenant soit à Morcenx, soit à Facture. »

 

Puis les trains ont été bloqués à Bordeaux ou à Dax, selon leur sens de circulation, avec poursuite de l'acheminement en bus, et enfin réembarquement dans des rames de TGV. C'est en gare qu'il a fallu gérer les tensions (lire ci-dessous). « Nous avons renforcé les équipes d'accueil, y compris avec du personnel en vacances, et organisé une distribution gratuite de coffrets-repas et de bouteilles d'eau, vu la chaleur annoncée. »

 

Des retards - pouvant aller jusqu'à trois heures - ont été observés. Quelques trains ont été déroutés par Toulouse. D'autres, pris d'assaut par les passagers en rade, ont observé des arrêts non programmés. « Nous avons fait au mieux, et tout s'est relativement bien passé », conclut la SNCF. De leur côté, les services de l'État ont assuré la sécurité des passagers bloqués et la gestion de l'ordre public dans les gares où les vacanciers ont dû attendre : avec un déploiement de quelques policiers à Dax, ainsi qu'à proximité du déraillement, en gare de Labouheyre. « Nous avons également fait vérifier qu'il n'y avait personne en détresse à bord, ni des usagers déshydratés, indique la préfecture, qui n'a pas relevé de problème de cet ordre. Avec tous les départs en vacances qui étaient prévus, on n'est pas passés très loin d'un gros problème… »

 

Dès qu'elle est arrivée à la gare Saint-Jean, hier matin, Lydie, une Bordelaise de 37 ans en partance pour Paris, a senti que quelque chose n'allait pas. « Même pour un jour de vacances scolaires, il y avait beaucoup trop de monde qui faisait la queue aux guichets. » Des visages fermés, des bornes automatiques prises d'assaut, des usagers en grappe dans le hall… Il lui a suffi d'un regard au panneau d'information pour voir ses craintes confirmées (lire ci-dessus). « Déraillement », « trains déroutés », « circulation bloquée » « retard probable »… En rouge, en orange, les mots sonnent le glas d'un début de vacances printanier. « C'est la galère », résume-t-elle.

 

Le personnel en chemise violette de la SNCF est happé par le flot de voyageurs. Questionné, supplié, harcelé, voire insulté. « Nous n'y sommes pour rien », répond invariablement Jacques, qui vole au secours d'un usager après l'autre en gardant le sourire. « Cela arrive. Comme quand il y a un accident de voiture qui bloque la route, il faut attendre que la voie soit dégagée, cela fait des bouchons. » Tout ce qui vient d'Hendaye est réacheminé, retardé. « Jusqu'à quand ? », « Combien de temps ? », « Comment on fait, nous ? », « C'est quoi, l'option, là tout de suite ? », « On sera remboursés ? » Hélas, Jacques n'a pas de pouvoirs divinatoires. Mais il fait de son mieux, comme ses collègues, pour renseigner les passagers désorientés. Entre les trains déroutés, le terminus Bordeaux, la suite en car, il faut s'y retrouver.

 

L'attente, Fabienne et Thierry s'en seraient bien passés. Ils ne quittent pas des yeux leurs trois grosses valises et leurs deux tourbillonnantes fillettes, Marion et Émeline, couettes blondes et pantalon rose. « Le risque, c'est qu'elles s'éloignent pour jouer et qu'on les perde dans la foule », souligne Fabienne.

 

Certains se mettent à l'écart, lisent, font la grasse matinée sur leur valise, insensibles au brouhaha. D'autres s'accrochent à leurs bagages, entament une partie de cartes, mangent pour passer le temps, les yeux rivés sur l'affichage des voies. « Ça gâche vraiment le début des vacances », soupire Catherine, de Saint-Médard-en-Jalles. Stress et fatigue s'emmêlent.

 

Certains passagers se sont rués sur les machines pour tenter d'échanger leur billet. Mais, en ce jour de grands départs, soit la facture est salée, soit il ne reste plus de place. Alors il faut tenter sa chance et passer en force. Le TGV de 11 h 25 arrive de Toulouse, celui de 12 h 01 part de Bordeaux. Mais ils sont déjà complets. Quai numéro 4, à 11 h 20, c'est la foire d'empoigne. Les passagers peuvent à peine sortir du train, d'autres les bousculent à la recherche d'une place assise. Même debout dans le couloir. Première classe, seconde classe. Peu importe, il faut être à bord. « Et le contrôleur n'a pas intérêt à nous faire une remarque », prévient, déjà épuisée, Nadia, qui voyage seule avec ses trois filles.

 

  Selon les enquêteurs, le déraillement du train de marchandises à Labouheyre serait dû à une erreur d'aiguillage. Photos Georges DURAND || Durand Georges 

 

Près de 2 000 passagers ont été retardés hier à Bordeaux en raison du déraillement d'un train de marchandises dans les Landes. "Allez Albert... encore un petit effort, tu y es presque...reste plus que 3 roues à remettre sur les rails, et le trafic peut reprendre..."

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