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PASSION-TRAINS

PORTRAIT : Jean-Claude Duquenoy, un passionné... qui vit à toute vapeur

20 Septembre 2010 , Rédigé par Lavoixdunord.fr Publié dans #REPORTAGE

logo SNCF FRANCE - Il n'est pas fréquent que quelqu'un, l'heure de la retraite venue, continue la même activité, cette fois pour ses loisirs. Jean-Claude Duquenoy est de ceux-là. Ce Calaisien âgé de 65 ans, a connu l'époque de la vapeur à la SNCF de 1963 à 1970. « J'étais au dépôt de Calais. Je conduisais des 231, de belles machines qui tiraient notamment la Flèche d'or », les trains assurant la liaison entre Calais maritime, en correspondance avec les ferries, et Paris Nord.

 

Voici quarante ans, la vapeur jette ses derniers feux et Jean-Claude Duquenoy passe au diesel et à l'électrique. « J'ai aussi conduit des turbotrains, des rames qui fonctionnaient avec des turbines prévues au départ pour des hélicoptères. Un matériel complexe mais intéressant à conduire. Bien mieux que le TGV. » Un train qu'il n'a pas été amené à prendre car sa direction a estimé qu'il était trop près de la retraite pour que sa formation soit rentable.  « J'ai de très bons souvenirs de la vapeur. On travaillait à deux sur une machine, il y avait un esprit d'équipe, une camaraderie forte. Avant, même si quelqu'un mettait notre loco en chauffe, on était au dépôt une heure et demie avant le départ. Quand on faisait un découché, on regardait avec qui on allait se retrouver et on se passait un coup de fil pour manger ensemble. Maintenant, les conducteurs se connaissent à peine. La plupart du temps, ils prennent leur service en bout de quai. » Même si le confort des locomotives à vapeur laissait à désirer, elles faisaient appel « à des techniques de pointe. C'était de la mécanique de précision qui permettait d'atteindre 130 km/h avec les 231 ».

 

Lors de sa cessation d'activité en 1994, Jean-Claude Duquenoy ne s'est pas rangé sur une voie de garage. Il a rejoint l'équipe de conduite de l'association du chemin de fer touristique de la vallée de l'Aa qui dispose, pour ce qui est du matériel motorisé, de deux autorails, d'une locomotive diesel et, surtout, d'une loco à vapeur.  Celle-ci a été fabriquée pendant la Deuxième Guerre mondiale par les Allemands, récupérée par les chemins de fer polonais à la libération. Dans ce pays, riche en charbon et où, jusqu'à l'effondrement du Bloc soviétique, dans la foulée de la chute du mur de Berlin, la main d'oeuvre était abondante et peu coûteuse, elles étaient nombreuses. À partir des années quatre-vingt-dix cependant, la vapeur décline lentement. Comme quasiment toutes les locos à vapeur des pays de l'Ouest avaient été ferraillées, c'est vers l'Est que les ferrovipathes se sont tournés pour en acheter.

 

 Comme ce week-end, lors des Journées du patrimoine, Jean-Claude Duquenoy se mue avec plaisir en guide. « Beaucoup de gens n'en ont jamais vu.  Ça fait quarante ans que les dernières ont circulé. Grands ou petits, ils sont surtout intéressés par la technique. Ils sont très étonnés par exemple, quand on leur dit qu'une loco comme la nôtre peut tirer 2 000 tonnes. » 

 

 Jean-Claude Duquenoy conduit des locos à vapeur depuis 1963. 

 

Acharné : Jean-Claude Duquenoy a été un des derniers conducteurs de locomotives à vapeur à la SNCF. Désormais, il est aux commandes de celle de l'association du train touristique de la vallée de l'Aa. J.C, ou l'histoire d'un type qui ne pouvait plus s'arréter... Une histoire à en attraper des vapeurs !

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