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PASSION-TRAINS

PORTRAIT : Lydie Vermelle, ou comment conduire un train de près d'un kilomètre "comme une voiture"

6 Mars 2011 , Rédigé par Nordlittoral.fr Publié dans #REPORTAGE

LogoEurotunnel t EUROTUNNEL - Lydie Vermelle est une passionnée. Elle fait partie de la quinzaine de conductrices de train d'Eurotunnel. C'est en travaillant dans la restauration à bord des TGV qu'elle a pris goût au ferroviaire. Cette femme dynamique travaille, à sa manière, dans le domaine auquel elle s'est destinée de par ses études : le tourisme.

 

Originaire de Boulogne-sur-Mer, elle s'est d'abord orientée vers le tourisme en faisant un BTS spécialisé, avant de monter à Paris et d'être embauchée à la SNCF. « J'y ai travaillé sept ans. Et puis à force de monter à bord avec le mécano, j'ai eu envie d'y goûter », confie-t-elle. A cette époque, la SNCF se montre assez fermée au recrutement de femmes au poste de conducteur de train. « C'était un poste d'hommes », regrette-t-elle. Lydie tombe alors sur une petite annonce d'Eurotunnel « qui cherchait des conducteurs et des conductrices de train », se souvient-elle.

Ni une ni deux, cette Boulonnaise postule. « Ça a commencé par des tests psychomoteurs pour vérifier qu'on a la tête sur les épaules . » Lydie est retenue et intègre une formation de six mois pour être enfin aux manettes d'un train. Apprentissage du code de la route ferroviaire, des signalisations, de la mécanique d'une locomotive, de son fonctionnement. Place ensuite aux cours en simulateur, « où l'on est mis dans des situations dégradées ». Les examens jalonnent ce parcours. «  C'était assez stressant, se souvient-elle. Quand j'ai passé mon examen sur le simulateur, à la sortie, les nerfs ont lâché.

 

Puis la future conductrice part en doublon pour apprendre en pratique la conduite d'un train avec un « parrain  » pendant quinze jours à un mois. « On fait ensuite plusieurs traversées avec un certificateur », avant d'être lâchée, seule. « Tous les conducteurs vous le diront, le plus grand stress qu'on ait, c'est la première fois où l'on passe seule sous le tunnel. C'est psychologique. Après, ça devient la routine. Une locomotive, c'est comme conduire une voiture !, aime-t-elle dire. La seule différence, c'est que ça a 7 600 chevaux, et que ça fait un kilomètre de long. »

 

Ce qui lui plaît, « c'est le simple fait de conduire un train. J'aime l'ambiance, conduire tout simplement le train. C'est une fierté de faire ce métier. » Un hommage aussi à son arrière-grand-père, « qui travaillait dans le ferroviaire à charger les machines en charbon ».

 

La polyvalence du métier la séduit aussi. « On est à la fois conducteur et chef de train. On peut aussi faire du fret, où l'on n'est que deux et en contact avec la clientèle, ou de la navette tourisme, où l'on est huit. On change tous les jours de casquette. » Les conducteurs sont postés, pour la plupart. « On travaille six jours, deux de matin, deux d'après-midi et deux de nuits, puis on a quatre jours de repos. » Veste bleue, petit foulard bleu, blanc, rouge, aux couleurs de l'entreprise, Lydie arrive généralement dix minutes avant la prise de son service. «  On prend notre feuille de route, on va se renseigner au centre de contrôle où l'on récupère notre matériel, on fait un petit briefing avec le chef de train. » Et c'est parti pour une journée sous la Manche, un pied en France, l'autre en Angleterre.

 

« On va relever des collègues lors d'un déchargement. » Tour du train, dernières vérifications avant le départ. Une fois dans la cabine, Lydie doit rentrer son matricule et son ordre de mission dans la "boîte noire" pour que la locomotive démarre. « J'arme la TVM, j'alimente les circuits et j'attends que le chef de train valide tout et que le stop rouge s'éteigne. » A l'heure dite, le train se met en branle. Pas de clé de contact ni de volant, mais deux manettes pour accélérer et freiner. Et une pédale, sur laquelle Lydie doit appuyer à intervalles réguliers. « C'est la pédale de l'homme mort, pour vérifier que l'on est toujours opérationnel. Il ne faut pas rester tout le temps appuyé dessus, sinon le train s'arrête en urgence. » Dans la cabine de pilotage, Lydie et ses collègues sont guidés par la TVM, entendez par là la transmission voix machine. « C'est le même système que dans les TGV, les informations sont transmises par le rail et la vitesse s'affiche sur le compteur automatiquement et est lue vocalement.

 

Et pas question de dépasser les limitations de vitesse. « Si c'est 140 km/h, je ne peux pas être à 143, sinon le train s'arrête. Mon rôle : obéir à toutes les signalisations et aux ordres du RCC (le centre de contrôle, NDLR) et contrôler visuellement tous les systèmes.

 

En cas de problème, Lydie doit savoir se débrouiller et faire les premiers dépannages sur son train. « Je touche du bois, en quinze ans, je n'ai pas eu de gros soucis techniques. Parfois des voyants s'allument, mais nous sommes formés pour y remédier, nous avons nos bibles et du dépannage par radio. » Durant un poste, Lydie effectue six traversées de la Manche, avec une pause au milieu, « de préférence côté français, la nourriture est meilleure... » Lydie perd rarement les pédales, « mais ça m'est déjà arrivé de ne plus savoir dans quel sens j'étais, si j'allais vers la France ou l'Angleterre ! Ce qui est drôle, c'est que souvent il fait beau d'un côté et qu'il pleut de l'autre. »

 

Lydie sourit du regard des gens sur son métier. Son mari, qu'elle a rencontré à Eurotunnel, est aussi conducteur de train. «  Quand des gens nous demandent ce que l'on fait, mon mari dit conducteur de train, les gens l'admirent, quand c'est moi, il y a un blanc. Les gens sont toujours étonnés qu'une femme puisse conduire un train ! » C'est son petit garçon de 6 ans qui est le plus fier du métier de ses parents. « Il veut devenir pilote ».

Aujourd'hui, Lydie ne se voit pas travailler ailleurs. « Le tunnel sous la Manche a une notoriété. Et le TGV ne m'attire pas tant que ça. J'aime l'environnement du tunnel, l'ambiance, le travail en équipe. Pour moi,c'est une "famille". Il y a une vraie solidarité. C'est aussi un rythme de vie que je ne quitterais pour rien au monde. »

  

  C'est en travaillant dans la restauration à bord des TGV que Lydie a pris goût au ferroviaire.

 

Eurotunnel compte 120 conducteurs de trains français qui, 24 heures sur 24, permettent de relier le continent à l'Angleterre en 35 minutes. 120 conducteurs... et conductrices dont "Super Lydie", une conductrice qui a de la poigne et de l'expérience ! Aaaaah Lydie... T'es la meilleure...

Commenter cet article

PJR 09/03/2011 18:16



La TVM est une transmission entre la VOIE et la loc, ce n'a rien de vocal.



pierre 08/03/2011 20:07



dis moi Eric, tu l'as payée combien la collègue pour qu'elle accepte une photo privée avec toi dans une cabine de shuttle. c'est son mari qui va être jaloux....


je la connais, elle est super sympa et professionnelle.....