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PASSION-TRAINS

PORTRAIT : Pour Michel Monsterleet, « Il faut toujours se remettre en question »

12 Mars 2011 , Rédigé par Nordlittoral.fr Publié dans #REPORTAGE

LogoEurotunnel t EUROTUNNEL - A deux pas des voies de circulation menant au tunnel sous la Manche, de longs bâtiments blancs s'étendent sur plusieurs centaines de mètres. A l'intérieur, on s'active : les trains, ici, ne circulent pas. Ils sont désossés, mis sur un pont. Direction le F40. C'est là que depuis quinze ans travaille Michel Monsterleet en bleu de travail et combinaison blanche couverte de cambouis, casquette de sécurité vissée sur la tête avec la lampe Led.

 

Chaque bâtiment a une fonction bien particulière qui lui est dévolue. Au F40, on s'occupe de la maintenance préventive lourde des navettes circulant dans le tunnel sous la Manche. Le bâtiment est organisé sur la longueur avec de larges portes et des rails, permettant de faire entrer les trains qui vont en maintenance, «  des triplettes », précise Michel, entendez par là un ensemble de trois voiturescouplées entre elles.

 

Car les tâches de l'atelier sont désignées par un vocabulaire bien spécifique, très abrégé et où les anglicismes, binationalité oblige, sont courants. «  Il y a plusieurs voies pour l'entretien préventif », poursuit ce salarié. En moyenne, les triplettes passent quinze jours au F40. Le timing est serré et l'entretien calculé au plus juste.

 

Sur les voies 24 et 23, « les véhicules sont levés, on retire tous les organes, on dépose tout ». Tous les systèmes mécaniques et électroniques sont testés, vérifiés, les éléments nettoyés, de la détection incendie au convertisseur pour la puissance des freins, tout y passe.

 

Une fois ces vérifications effectuées, tout est remonté. La triplette est énergisée pour réaliser les essais électriques et mécaniques « pour vérifier qu'il n'y a pas de défection, si les portes automatiques fonctionnent... » L'ensemble passe ensuite voie 25, où est affecté aujourd'hui Michel. C'est la voie d'essai, « avant de renvoyer la triple tte sur un train. En moyenne, l'ensemble passe trois jours sur cette voie. Tous les capteurs sont testés via un ordinateur. » Ce qui plaît le plus à Michel sur ce poste, c'est « chercher ce qui ne va pas. Si on n'obtient pas le résultat souhaité, il faut dépanner et trouver ce qui ne fonctionne pas. » Ce qui coince le plus souvent : l'électrique. « Le matériel a seize ans, il est en milieu de vie. » Michel travaille en 6x3 : trois matins, trois après-midi, trois repos. « Le matin, on fait 5 heures - 13 heures, l'après-midi 13 h  - 20 heures. On travaille les week-ends aussi. » Une organisation pas toujours évidente à gérer « surtout quand on a une femme postée aussi...» Car l'épouse de Michel travaille également à Eurotunnel.

 

C'est en 1995 que cet Audruicquois a intégré l'entreprise, après un BTS MAI (Mécanisme et automatismes industriels). « J'ai toujours travaillé dans le bâtiment F40. Avant j'étais voies 23-24, aujourd'hui je suis passé dans la partie dépannage et essais. C'est plus intéressant, c'est moins routinier et moins physique. Il faut se remettre en question. » A aujourd'hui 40 ans, Michel souhaite poursuivre sa carrière à Eurotunnel, pour l'évolution de carrière mais aussi « pour la très bonne ambiance », une ambiance très masculine. Aucune femme ne travaille au F40. Au fil des années le métier évolue aussi. « Il y a plus de polyvalence aujourd'hui, en fonction des besoins et des compétences. Il y a aussi eu de gros progrès faits sur le respect du personnel pour que ce soit moins physique et manuel. Avant, il n'existait pas d'agrès, on faisait tout à la main. Aujourd'hui, on ne dépose plus physiquement », apprécie Michel. Ces dernières années, il y a aussi eu « une remise en question du fonctionnement de la maintenance. Elle a été repensée et remodelée. Ça a généré des tâches de travail bien définies pour éviter de doublonner. »

 

  Michel travaille en 6x3.

 

A deux pas des voies de circulation menant au tunnel sous la Manche, de longs bâtiments blancs s'étendent sur plusieurs centaines de mètres... parmis eux, le bâtiment F40 où officie depuis quinze ans Michel Monsterleet, en bleu de travail et combinaison blanche couverte de cambouis, casquette de sécurité vissée sur la tête avec la lampe Led... sacré michel, t'es un winner !

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