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PASSION-TRAINS

REPORTAGE : Un jour à Nantes avec François, contrôleur SNCF

23 Août 2010 , Rédigé par ouest-france.fr Publié dans #LES METIERS DU RAIL

logo-sncf FRANCE - Il n'a rien d'un furet, mais qu'est-ce qu'il court, ce contrôleur SNCF ! 14 h, François Pervier est déjà sur le quai de Nantes, voie 3. Il s'apprête à contrôler le TGV 8925, en provenance de Paris, et à destination du Croisic. Il a débuté sa journée 50 minutes avant le départ du train, et dormira ce soir à Paris.

 

Un groupe de personnes âgées met du temps à descendre du train. D'un pas pressé, François s'approche pour les aider. Le train prend déjà une minute de retard. Coup de sifflet de sa collègue, fermeture des portes. Il vérifie que tout est en règle sur son tableau. Le TGV se lance. François enfonce une clef « pour avertir le conducteur » de la bonne fermeture. Il doit attendre une minute encore pour être certain que tout soit bien verrouillé. Entre les voitures 12 et 11, il ouvre une armoire, décroche le téléphone et effectue l'annonce. Différentes en fonction de chaque gare, il s'aide de son pense-bête, même s'il les maîtrise de mémoire. Il est contrôleur depuis 1978. « Mesdames et messieurs, bienvenue aux voyageurs qui viennent de nous rejoindre sur le TGV à destination du Croisic... ». À peine terminé, il se lance dans une première ronde à travers les 10 voitures. « Je vérifie déjà que la clim fonctionne et qu'il n'y a pas de problème », explique-t-il.

 

« Bonjour monsieur, pouvez-vous enlever vos pieds du siège s'il vous plaît », demande-t-il à un jeune affalé. Dans la voiture-bar, il croise ses collègues qui ont fini leur service. À proximité, se trouve leur petit local d'à peine 2 m2. Voiture 16, la clim ne fonctionne pas, il règle le problème en quelques secondes. Et continue de traverser le train, à vive allure. Une dame lui demande de l'aide pour descendre ses bagages, lorsque le train sera en gare de Pornichet. Le temps de ne contrôler qu'une voiture

 

De retour au milieu du train, il enchaîne par un contrôle des titres de transports. « On n'aura pas le temps de faire tout le train, on arrive dans 20 minutes à Saint-Nazaire », explique-t-il. « Bonjour messieurs dames, contrôle des billets s'il vous plaît ». La vingtaine de passagers s'exécute sans sourciller. Un homme peine à trouver son billet. François termine la voiture et revient vers lui. Il admet ne pas l'avoir, et François sort sa machine, pour le verbaliser. Pratique qu'il n'apprécie pas particulièrement. Son badge ne porte d'ailleurs pas son prénom, mais « Oscar », à cause de « ce rôle de répression ». « Il n'a pas eu de chance », admettra a posteriori l'agent SNCF, puisque seule cette voiture a été contrôlée à l'aller.

 

Trop d'arrêts et pas le temps entre Saint-Nazaire, La Baule, Pornichet, le Pouliguen, et le Croisic. Les arrêts se multiplient toutes les 5 minutes. Au départ du Croisic, il doit gérer un cycliste souhaitant transporter son vélo. François l'accompagne jusqu'à l'avant du train. « Il n'a pas réservé, ça va lui coûter 20 € », précise François. Le jeune homme n'a que 16 € en poche. François indique la somme prélevée sur sa machine. Et reprend sa marche à travers les voitures. Entre Nantes et Paris, il sera assisté d'un collègue. Et fera le trajet inverse le lendemain, au train de 7 h 35.

 

 

Traverser le train, descendre en gare, faire les annonces, renseigner les voyageurs, et bien sûr, les contrôler... Depuis 32 ans, François Pervier est contrôleur à la SNCF. Entre les vérifications techniques, les contrôles des billets,et l'assistance à certains passagers, ses journées sont bien remplies ! Et en plus, il prend le temps de sourire.... tout n'est donc pas perdu ! (photo : Ouest-France)

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