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PASSION-TRAINS

SECURITE FERROVIAIRE : La SNCB négligerait la sécurité depuis 30 ans !

21 Octobre 2010 , Rédigé par rtlinfo.be Publié dans #ACTU

logo sncb BELGIQUE - La commission parlementaire spéciale mise en place après la catastrophe de Buizingen (18 morts le 15 février dernier) reprenait ses travaux mercredi après cinq mois d'interruption due à la chute du gouvernement. Ses experts s'étaient mis d'accord avec la Cour des comptes pour examiner la période 1982-2002 comprise entre les catastrophes d'Aalter (5 morts le 13 juillet 1982) et celle de Pécrot (8 morts le 27 mars 2001).

 

Durant cette période, la SNCB a préféré développer avec l'industrie des ACEC son propre système de sécurité TBL plutôt que de mettre en œuvre immédiatement les technologies internationales existantes, a critiqué l'expert Bart Van der Herten. Par cette "attitude de repli sur soi", la SNCB s'est focalisée sur le développement des systèmes et non leur mise en œuvre concrète, entraînant des retards d'installation, un manque de suivi des appareils installés et des attentes prolongées dans la perspective de nouvelles évolutions technologiques, le tout aggravé par les restrictions budgétaires des années '80. Tous ces éléments sont significatifs d'une absence de culture de la sécurité au sein du groupe ferroviaire, en conclut l'expert.

 

"C'est cynique de le dire, mais s'il y avait eu de gros accidents plus tôt (que Pécrot), la SNCB aurait sans doute investi davantage dans la sécurité. Les dirigeants de la SNCB (entre 1982 et 2002) sont confrontés à leur conscience: pourquoi a-t-on laissé les choses aller aussi loin", a demandé cet expert. Les ministres de tutelle successifs sont restés trop "distants" vis-à-vis de la sécurité du rail, a-t-il ajouté. Désormais, a poursuivi son collègue Patrick Lafontaine, il convient d'équiper, avant 2014 comme prévu, 100% du réseau avec la dernière version du système belge TBL (le TBL1+), tout en gardant à l'esprit que ce sera insuffisant.

 

Le développement du réseau, l'augmentation du nombre de voyageurs, l'arrivée du RER, etc, vont en effet multiplier le risque d'accident par trois, selon l'expert. "Le TBL1+ n'est pas parfait, mais il a le mérite d'exister", a commenté M. Lafontaine. Toutefois, il faut absolument migrer en parallèle vers le système européen bien plus perfectionné ETCS, auquel la SNCB avait renoncé en 2006 en arguant de son instabilité et de spécificités du réseau belge, alors qu'elle avait pourtant décidé de le généraliser en 1999.

 

La ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte a rappelé de son côté que le TBL1+ était bien un système transitoire avant la migration vers l'ETCS. Elle estime que le TBL1+ est, dans l'état actuel des choses, le choix le plus sûr, car il permet d'équiper au plus tôt un maximum de lignes alors que l'ETCS, qui nécessitera de l'aveu des experts une longue implémentation, n'aurait permis d'équiper rapidement que quelques lignes à grande vitesse. Pour les experts, l'option de 2006 pour la piste TBL1+, délaissant provisoirement l'ETCS, montre que la SNCB "a craint d'essuyer les plâtres, alors que d'autres pays se sont montrés plus courageux". "Je m'interroge aussi sur la justification passage" de cette décision, "dont je n'ai trouvé aucune trace", a commenté M. Lafontaine.

 

Appelant au développement d'une véritable culture de la sécurité au sein de la SNCB, les experts ont réclamé un planning de migration vers l'ETCS sur les tronçons où le risque est le plus élevé, mais aussi l'intégration de tous les acteurs du rail (y compris les opérateurs privés donc) dans la politique de sécurité ferroviaire. En prônant cette culture de la sécurité qui devra "imprégner les dirigeants comme les travailleurs" de la SNCB, les experts ont surtout souligné le facteur humain (ressources humaines, formation continue, gestion du stress, procédures plus performantes, etc). "Une catastrophe est le fait de l'ensemble d'une organisation", a résumé Bart Van der Herten.

 

 

Les experts de la Commission "Buizingen" ont fortement critiqué mercredi le manque d'une "culture de la sécurité" au sein de la SNCB durant la période 1982-2002 qu'ils ont examinée, et réclamé un véritable "Masterplan" pour évoluer à plus long terme vers l'ETCS, le système européen d'interconnexion des trains actuellement considéré comme le plus sûr. Manque d'une "culture de sécurité"... C'est les usagers belges qui ont dû être contents d'apprendre la nouvelle...

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