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PASSION-TRAINS

SIFER 2011 : Des députés se penchent sur l'avenir du ferroviaire en France

9 Avril 2011 , Rédigé par Lavoixdunord.fr Publié dans #ACTU

 FRANCE - D'un côté, des grands comptes. Les Alstom, Bombardier, Siemens. De l'autre, la sous-traitance du ferroviaire, PME et TPE. Les premiers ont des commandes - souvent publiques - épaisses comme trente-six matelas. Les autres s'affichent, hélas, plus souvent qu'à leur tour dans la rubrique « Actualité sociale ». Les Sofanor, les AFR, les SAEP... Leur visibilité économique s'appelle plans sociaux et/ou liquidation. Un comble pour le Valenciennois, que d'aucuns voudraient comparer à une autre région. Valenciennes serait ainsi au ferroviaire ce que Toulouse est aux aéroplanes.

 
Sur ce constat paradoxal (marché florissant des donneurs d'ordre vs morosité ambiante des équipementiers), Alain Bocquet a voulu se pencher. Le député de la 20e a donc proposé à l'Assemblée nationale qu'une commission parlementaire se mette en place pour dresser un bilan de « la situation de l'industrie ferroviaire française ». Suffisamment pertinent pour que la majorité le suive dans ses inquiétudes. Il en a été nommé logiquement président, tandis que Yanick Patternotte (UMP, Val d'Oise) en devenait le rapporteur.

 

Depuis sa constitution, le 8 décembre, la commission a multiplié les auditions. Elle laboure aujourd'hui le terrain. Durant deux jours dans la région Nord-Pas-de-Calais, on la retrouvera à La Rochelle, Strasbourg, Châtillon (Siemens) ou Katowice (chez Alstom, Pologne) dans les semaines à venir. Des députés à l'écoute « d'un monde où tout le monde se connaît mais dans lequel personne ne se parle réellement, chacun vivant chez soi », déclara Alain Bocquet en entame d'une table ronde, mercredi soir à Wallers. Façon de livrer au passage son premier sentiment. « Parce que le ferroviaire, hors SNCF et RATP, c'est quand même 20 000 emplois en France, dont 50 % ici. »

 

La parole libre avant l'analyse. Une opportunité que les représentants syndicaux ne manquèrent pas de saisir. « Le Toulouse du ferroviaire ? », s'exclama Jean-Pierre Delannoy (USTM-CGT). « Malheureusement, je ne crois pas qu'on en prenne le chemin ». Propos illustré par la litanie des clés sous la porte ou des plans de redressement dont il a été question plus haut. Un autre, soulevant le problème « des rétrocessions, ces parties de marchés publics français obligés de partir à l'étranger ». Cet autre, délégué chez Alstom, « très inquiet du manque de visibilité sur les commandes externalisées », qui parlera même « de sous-traitance chez les sous-traitants ». Clou enfoncé par un représentant CGT Bombardier : « Les deux-tiers des commandes sont sous-traitées et l'on vient nous parler de défauts techniques importants sur le Francilien. Plus on délocalise, moins on maîtrise le process. » Bref, un malaise tangible que résumera un délégué FO Alstom : « Nous, syndicats, avons du mal à distinguer ce qui reste en France de ce qui part à l'étranger. » Supplique adressée aux parlementaires : « On attend beaucoup de choses de cette commission . »

 

 

Du SIFER, le salon international du ferroviaire, en ce moment à Lille, au siège de l'AIF à Valenciennes, les députés de la commission parlementaire sur la situation de cette industrie en France ont sillonné la région Nord / Pas-de-Calais durant deux jours. Oreille prêtée aux incertitudes des uns et à la confiance des autres... tout un débat.

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