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PASSION-TRAINS

TARIFS : Ce que la liberté des tarifs SNCF va changer pour vous

2 Octobre 2010 , Rédigé par Lexpansion.com Publié dans #ACTU

logo SNCF FRANCE - Vous y comprenez quelque chose aux tarifs de la SNCF ? A l'avenir vous risquez d'être encore plus perdus. Le gouvernement vient d'autoriser la compagnie ferroviaire à fixer plus librement les tarifs de ses TGV. Les conséquences en terme de prix pourraient être importantes.

 

Que demande la SNCF ? Elle veut plus de liberté dans la fixation de ses tarifs, qui sont pour l'instant soumis à la tutelle étatique. Chaque année en effet, la SNCF, si elle veut augmenter ses tarifs de référence, doit les faire valider par le gouvernement. Selon les informations des Echos, que n'a pas souhaitées commenter la SNCF, la compagnie ferroviaire voudrait en fait une amplitude plus grande des prix. Elle compte notamment augmenter ses billets de première classe, et propose en contrepartie d'offrir plus de billets prem's. A l'horizon 2020, la SNCF chercherait par ce biais à dégager 150 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaires, indiquent les Echos. A la surprise générale le gouvernement a réagi à cette information dans la journée en répondant par l'affirmative au souhait de la compagnie ferroviaire. "On va mettre un peu plus de souplesse dans le cadre actuel, mais on va garder un cadre", a expliqué à l'AFP l'entourage du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau. L'objectif est d'avoir un "yield management (tarification des capacités en fonction de la demande) plus efficace" a-t-il ajouté.

 

La SNCF avait préparé le terrain depuis longtemps. En effet depuis des années elle met en garde le gouvernement contre les effets de l'augmentation du prix de péages payés à RFF. A cause de ces péages, mais aussi de la crise économique, le TGV, qui dégageait 25% de marge il y a peu, est beaucoup moins rentable que par le passé. Comme parallèlement, les pertes du fret s'aggravent, et que les problèmes de cette branche ne sont pas près de se résoudre, la SNCF estime que l'activité TGV doit financer ces pertes. Par ailleurs, avec l'ouverture prochaine du marché à la concurrence, la compagnie considère qu'elle doit avoir davantage de latitude dans la formation de ses tarifs, afin de pouvoir répondre très rapidement aux offres de ses concurrents. Quant au gouvernement, il explique que cet assouplissement permettra de compenser en partie les 175 millions que doit fournir la SNCF à l'effort de financement des lignes interrégionales déficitaires.

 

Ce qui est sûr, c'est que ces tarifs, souvent décriés pour leur manque de transparence, seront encore plus opaques. En effet, sans tarif de référence, l'amplitude des prix sera plus grande, et ce sans que l'usager n'ait les clés pour comprendre ces évolutions tarifaires. " Sans le dire clairement, le gouvernement  veut aussi mettre fin à la distinction période de pointe et période normale", estime par ailleurs Arnaud de Blowe du magazine Que choisir. Grâce à cette nouvelle liberté, la compagnie ferroviaire pourra par exemple décider à un instant T qu'en raison de l'offre et de la demande, elle a intérêt à augmenter ses tarifs. A l'inverse, sur les quelques lignes où il y aura de la concurrence, la SNCF sera obligée de s'aligner sur les tarifs moins chers de ses homologues. "Mais comme sur le reste du réseau, elle restera très majoritairement en situation de monopole, et ce pour de nombreuses années encore, elle pourra combler cette baisse en augmentant les tarifs d'autres lignes, sans aucune justification économique," estime Arnaud de Blowe.

 

D'après les Echos, ce sont essentiellement les premières classes qui devraient être concernées par des hausses de tarifs. "C'est probablement pour mieux faire passer la pilule, estime quant à lui Arnaud de Blowe. Car légalement si le cadre réglementaire saute, alors tous les verrous sautent et la formation des tarifs devient complètement arbitraire", détaille-t-il. Un système qui, à l'avenir, pourrait donc s'orienter vers celui des prix aériens, qui répondent à la loi de l'offre et la demande.

 

Est-ce pour autant qu'en moyenne les tarifs seront plus chers ? Pour l'heure difficile de répondre à cette question, sauf si l'on considère que, comme toute entreprise privée, la SNCF a intérêt à augmenter ses tarifs. Au gouvernement, on se veut très prudent. "Le prix moyen du billet ne devrait pas augmenter", déclare le ministère des transports. Pour Hervé Mariton, rapporteur spécial au budget des transports à l'Assemblée nationale "La liberté tarifaire est une chose un peu curieuse en soi, dans une période où la concurrence n'existe pas réellement. Cela nécessite que tout cela soit encadré". A l'UFC-Que choisir, pourtant on a le sentiment que la messe est déjà dite. "A chaque fois que la SNCF et le gouvernement veulent augmenter les tarifs, ils décident d'augmenter le nombre des Prem's pour montrer leur coopération, et tuer ainsi dans l'oeuf la polémique", explique l'association. Pas sûr que cette fois ils y parviennent....

 

 

 

La grande embrouille : actionnaire majoritaire, l'Etat via le gouvernement vient d'autoriser la compagnie ferroviaire à fixer plus librement les tarifs de ses TGV. C'était déjà pas très clair avant.... pour le coup, ça risque donc de devenir carrément incompréhensible ! vivement un peu de privé sur les rails pour pouvoir vraiment comparer les prix...

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