EUROPE - Le réseau à grande
vitesse des chemins de fer s’agrandit. Le rythme de développement demeure élevé, ainsi qu’il ressort de la liste de onze pages publiée par le forum des transports de la LITRA. La ligne du TGV
Est européen Paris – Strasbourg et la ligne à grande vitesse Madrid – Barcelone ont été mises en service respectivement en juin 2007 et en février 2008. Une première branche du TGV Rhin–Rhône
Mulhouse – Dijon, à laquelle la Suisse participe financièrement, est en construction. La Suisse doit veiller à ne pas rater le train à la faveur du futur développement des grands projets
ferroviaires (ZEB) et de la construction des nouvelles lignes à travers les Alpes (NLFA). En Suisse, les lignes rapides sont conçues pour une vitesse de 200 km/h. Le terme de grande vitesse est
utilisé aujourd’hui à partir de 250 km/h. A l’étranger, les trains circulent à plus de 300 km/h sur le réseau à grande vitesse.
La France s’est particulièrement illustrée en 1981 en mettant en service une première ligne à grande vitesse (LGV), longue de 418 km, entre Paris et Lyon.
L’Hexagone demeure le leader incontesté en matière de grande vitesse, devant l’Espagne qui déploie d’énormes efforts pour réaliser un réseau ferroviaire moderne. La demande croît sur toutes les
lignes à grande vitesse en Europe. La vitesse des trains est augmentée par étapes, en France tout particulièrement, afin d’abaisser encore les temps de parcours.
La France continue à développer son réseau. C’est ainsi qu’elle a inauguré la LGV Est-européenne Paris – Strasbourg en 2007. 300 kilomètres de LGV ont été construits entre Paris et Baudrecourt.
100 kilomètres supplémentaires seront encore réalisés à travers les Vosges. Le trajet Paris – Strasbourg pourra être effectué en 1 heure et 50 minutes dès 2015.
Ce n’est toutefois pas le seul chantier en France. La LGV Sud – Europe – Atlantique est en construction sur une longueur de 300 km. Paris et Bordeaux seront vraisemblablement reliées de bout en
bout par cette LGV dès 2015. Le temps de parcours ne sera plus que de 2 heures et 5 minutes. La première branche de la LGV Rhin – Rhône est en chantier. Le tracé a démarré l’an dernier.
L’année 2008 verra se réaliser les premiers ouvrages d’art. La mise en service de la ligne est prévue en 2011. Il ne faudra plus que 2 heures et demie pour se rendre de Mulhouse à Paris.
La liaison franco-espagnole Perpignan - Figueras à travers le tunnel du Perthus sera terminée en 2009. Le raccordement espagnol Barcelone – Figueras ne sera toutefois pas prêt comme cela était
prévu. Les trains emprunteront la voie à écartement normal pour relier l’Espagne à la France au plus tôt en 2012. Le raccordement de la LGV Languedoc - Roussillon de Perpignan à la LGV
Méditerranée et Rhône – Alpes avec contournement de Montpellier et de Nîmes fait à nouveau parler de lui. Le problème réside dans le nouveau trafic marchandises qui est attendu en provenance et à
destination de l’Espagne. Plusieurs variantes sont à l’examen. on ne souhaite pas faire circuler les trains marchandises sur l’ancienne ligne en raison de leur impact sur l’environnement et pour
des raisons de capacités de la ligne. Le raccordement ne devrait par conséquent pas être mis en service avant 2020.
D’autres projets, dont la date de réalisation demeure vague à ce stade, sont en cours de planification: LGV Bordeaux – Toulouse, prolongement Bordeaux – Espagne, LGV Bretagne - Pays de la Loire,
LGV Poitiers – Limoges et une LGV Provence - Alpes Côte d’Azur "LGV Paca".
En Italie, ce qui est appelé le "T" est réalisé par étapes: Turin - Milan – Venise et Milan - Bologne - Florence - Rome - Naples. Les lignes à grande
vitesse Naples - Rome et Milan - Turin (premier tronçon) sont en exploitation. Le second tronçon Novare – Milan devrait être mis en service en 2009. Le grand événement est attendu en 2009. Milan
– Naples sera alors relié de bout en bout par une LGV. Des TGV de la nouvelle génération d’Alstom portant l’appellation d’automotrice à grande vitesse AGV y circuleront dès 2010. Le nouvel
opérateur italien Nuovo Trasporto Viaggiatori (NTV) en est le premier acheteur. Sa commande porte sur 25 rames.
L’Italie planche elle aussi sur des extensions de son réseau à grande vitesse. C’est ainsi que des LGV sont prévues entre Naples et Bari, Naples et Reggio di Calabria et Milan et Gênes. Le projet
titanique franco-italien Lyon - Turin, composé d’un premier tunnel de 53 km et d’un second de 12 km ainsi que de lignes d’accès rapides et de tronçons séparés pour le fret, est régulièrement
déclaré comme étant de première importance par les gouvernements des deux Etats et par l’UE. Mais l’élan semble cruellement faire défaut, malgré le percement de galeries d’exploration. C’est
ainsi que le magazine Ville & Transports écrivait à fin 2006 : "Malgré quelques éléments positifs le projet ne semble toujours pas véritablement lancé." Ce qui paraît d’ailleurs être encore
le cas aujourd’hui. Aussi s’avère-t-il délicat en l’occurrence d’indiquer une date de mise en service.
L’Espagne occupe le devant de la scène en matière de LGV, aux côtés de la
France. Les Espagnols construisent en effet un nouveau réseau de chemin de fer. La ligne à grande vitesse Madrid – Cordoue – Séville, longue de 470 km, a été ouverte en 1992 déjà. La LGV
Madrid - Barcelone, longue de 650 km, est empruntée depuis février 2008 par des rames de la RENFE circulant à 300 km/h. L’importance de cet événement a été minimisée pour des raisons politiques
et à cause des grandes difficultés qui ont marqué la construction. Il est prévu d’accroître la vitesse après une période de rodage. Le gain de temps est considérable. S’il fallait auparavant 7
heures pour se rendre de Madrid à Barcelone, il ne faut plus aujourd’hui que 2 heures et 38 minutes. L’importance future de cette ligne est caractérisée par le «pont aérien» qui relie les deux
grandes villes espagnoles.
Des branches de l’axe principal à grande vitesse Madrid – Barcelone ont été mises en service en décembre 2007: Madrid – Valladolid (sur une distance respectable de 200 km) et Cordoue – Malaga
(sur une distance de 170 km).
L’Espagne planche sur la réalisation d’un réseau à grande vitesse couvrant l’ensemble du pays, dont des liaisons entre Madrid et Valence, Alicante, Murcie et Almeria. Ce pays disposera d’un
réseau ferré cohérent et compatible avec le réseau européen grâce à l’adoption de l’écartement normal des voies, si tant est que tout le programme peut être réalisé.
En Allemagne, la ligne Nuremberg-Ingolstadt-Munich, constituée de tronçons neufs et de lignes aménagées, a été mise en service. Le temps de parcours a pu
être réduit de 1 heure et 42 minutes à 1 heure et 3 minutes. L’Allemagne dispose avec cette ligne et avec celle reliant Cologne à Francfort de deux LGV permettant de circuler à la vitesse de 300
km/h. Des tronçons de l’axe Nuremberg - Leipzig/Halle – Berlin sont en chantier. La ligne complète devrait être terminée au plus tôt en 2017.
Les chantiers devraient démarrer en 2010 sur la LGV Stuttgart-Ulm. Il est tablé sur une mise en service de la ligne en 2019. Vingt-trois minutes suffiront alors pour se rendre d’une ville à
l’autre. Sur la ligne Karlsruhe- Bâle, qui sera partiellement nouvelle et partiellement aménagée, l’important tunnel du Katzenberg, long de 10 km et situé entre Fribourg en Brisgau et Bâle, est
en chantier. La mise en service de la ligne complète, prévue en 2017, pourrait avoir lieu selon les dernières informations en 2020.
En Allemagne, la pression mise sur la construction de lignes ultrarapides est plus faible qu’en France et qu’en Espagne. Les Espagnols investissent dans des lignes autorisant des vitesses
supérieures à 300 km/h, alors que les Allemands misent sur des aménagements de ligne permettant de circuler à 200 km/h, comme entre Hambourg et Berlin.
Les chemins de fer nationaux des Pays-Bas disposent de l’offre ferroviaire la plus dense d’Europe. La ligne à grande vitesse de 130 kilomètres entre
Amsterdam CS - Schiphol - Rotterdam - Breda et la frontière belge est construite. La mise en service a été reportée à mai 2009. Le temps de parcours Amsterdam - Paris passera de 4 heures et 4
minutes à 3 heures et 3 minutes.
La Belgique construit, elle aussi, des lignes à grande vitesse. L’axe nord et le raccordement Bruxelles – frontière néerlandaise sont en construction.
L’axe occidental de la nouvelle ligne reliant la frontière française à Bruxelles est entré en service en 1997 déjà. L’axe oriental complet reliant Bruxelles à la frontière allemande sera mis en
service en 2008.
La Grande-Bretagne a concentré ses efforts sur la liaison ferroviaire du tunnel sous la Manche, qui a été mise en service en novembre 2007 sur toute sa
longueur. Le temps de parcours entre la nouvelle gare de London-Saint Pancras et Paris n’est plus que de 2 heures et 15 minutes.
En Autriche, les travaux se poursuivent sur la nouvelle ligne Vienne - St. Pölten et Linz, qui permettra de circuler à 200 km/h. Les gouvernements ont
organisé à plusieurs reprises un premier coup de pioche au Brenner à l’enseigne du lancement du percement de galeries de sondage: le dernier en juin 2006. Aucune annonce couronnant le succès de
ces opérations n’a été publiée depuis lors. Force est d’admettre que la mise en service du tunnel du Brenner en 2015 est irréaliste.
Le Portugal présente avec l’UE des plans ambitieux portant sur cinq lignes à grande vitesse. Une ligne à grande vitesse de 600 kilomètres reliant Lisbonne
à Madrid devrait être prête en 2015. Le tronçon Oporto - Vigo devrait être disponible plus tôt.
En Finlande, la nouvelle ligne mise en service en septembre 2006 entre Kerava et Lahti devrait permettre à l’avenir d’acheminer également des trains à
grande vitesse entre Helsinki et Saint-Pétersbourg qui assureraient la correspondance en direction de Moscou.
La Russie planche sur trois lignes à grande vitesse au départ de Moscou, dont la réalisation n’est cependant pas pour demain.
Enfin, il est question d’une nouvelle ligne rapide Ankara – Yozgat – Sivas en Turquie, dont la mise en service est prévue en 2011.
La liste annexée des nouvelles lignes ferroviaires européennes devrait être adaptée en permanence en raison des problèmes techniques, juridiques et financiers qui, souvent, ne permettent pas de
respecter le calendrier initialement prévu. Le début des travaux et la mise en service de lignes sont parfois reportés de plusieurs années. Il n’empêche: le réseau ferré européen à grande vitesse
se met en place. Le terme de grande vitesse est utilisé aujourd’hui à partir de 250 km/h. Des vitesses de 270 km/h, 300 km/h, voire 350 km/h sont atteintes. La RENFE espagnole est parvenue à
atteindre la vitesse de 404 km/h avec une rame de série Velaro de Siemens. Quant aux Français SNCF/Alstom, ils ont porté le record de vitesse sur rail à 574,8 km/h avec la rame d’essai V150
!
Quant à la Suisse, elle peut de moins en moins se targuer d’exclusivité en matière de développement des transports publics, malgré une offre Rail 2000 couronnée de succès. Les
autres pays développent en effet aussi leur réseau ferré et leurs trains sont plus rapides !
En Suisse, il existe en effet peu de lignes à grande vitesse en comparaison avec les pays voisins. Il s’agit de la nouvelle ligne de Rail 2000 Mattstetten- Rothrist et du tunnel de base du
Lötschberg, sur lesquelles des vitesses plutôt inférieures (200 km/h) à celles atteintes dans les autres pays européens sont autorisées. La Suisse est cependant en train d’améliorer ses liens
avec le réseau européen à grande vitesse à la faveur des arrêtés FTP. La Confédération entend en effet investir 1090 millions de francs (état des prix 2003) dans le réseau ferré d’ici à fin 2015,
afin de réduire la durée des trajets entre la Suisse et les villes de Paris, Lyon, Munich, Ulm et Stuttgart.
Un montant d’au moins 100 millions de francs suisses est prévu pour les projets suivants:
- Modernisation de la ligne Bülach–Schaffhouse
- Contribution à la construction de la ligne Belfort–Dijon
- Contribution à l’aménagement de la ligne Bellegarde–Nurieux–Bourg-en-Bresse
- Aménagement de la ligne Berne–Neuchâtel–Pontarlier
- Aménagement de la ligne Zurich Flughafen–Winterthour
S’y ajoutent des aménagements entre St-Gall et St-Margrethen, des contributions au financement liminaire des aménagements des lignes Lindau–Geltendorf, Vallorbe–Frasne–Dijon, Pontarlier–Frasne,
ainsi que des aménagements du nœud de Genève, le raccordement à l’aéroport de Bâle-Mulhouse et des aménagements des lignes Bienne–Belfort, Lausanne–Vallorbe, Sargans–St-Margrethen et
St-Gall–Constance.
Il ressort du rapport présenté récemment que le raccordement de la Suisse orientale et de la Suisse occidentale au réseau ferré européen à grande vitesse se déroule selon les plans. Les plans de
tous les couloirs sont en cours d’exécution aux CFF et au BLS. Des accords de financement sont conclus qui créent les conditions nécessaires à la réalisation des projets de construction en
Suisse. Les chantiers ont déjà démarré en France. Il s’agit du Haut Bugey (ligne Genève–Paris), des aménagements dans l’Arc jurassien (lignes Lausanne/Berne–Paris) et du TGV Rhin–Rhône
(Bâle–Paris).
En Allemagne, le projet d’électrification du tronçon Lindau–Geltendorf a passé une première rampe: une déclaration d’intention a en effet été signée par le ministre suisse et par le ministre
allemand à mi-février 2008.
Questions se rapportant aux lignes à grande vitesse en Suisse
-
Quelle est la vitesse maximale autorisée aujourd’hui et à
l’avenir sur une nouvelle ligne en Suisse ?
En Suisse, la vitesse nécessaire pour assurer l’offre est déterminante et non la vitesse maximale susceptible d’être atteinte techniquement. C’est ainsi que les chemins de fer suisses
circulent :
- à 200 km/h sur la nouvelle ligne Mattstetten – Rothrist,
- à 200 km/h dès la fin 2007 dans le tunnel de base du Lötschberg, à 250 km/h ultérieurement (possible seulement avec les CIS II),
- à 230 km/h dans le tunnel de base du Gothard.
La vitesse maximale autorisée dans les longs tunnels répond également à des facteurs économiques : la résistance de l’air et, partant, l’énergie de traction nécessaire croît de manière
disproportionnée avec l’augmentation de la vitesse.
-
Quelles sont ces nouvelles lignes ?
Voir la 1e question.
De nouveaux tronçons de ligne pourront être réalisés dans le cadre du ZEB, telle la nouvelle ligne de Chestenberg entre Rupperswil et Gruemet (à proximité du Heitersberg).
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La Suisse peut-elle néanmoins qualifier ces liaisons de lignes
répondant au standard
LGV : Les lignes sur lesquelles des vitesses supérieures à 160 km/h sont autorisées sont qualifiées de lignes à grande vitesse. En Europe, il n’existe pas de limite claire dans ce domaine.
Les spécifications techniques d’interopérabilité pour les lignes à grande vitesse TSI font foi (feuille officielle europ. 2002; peut être téléchargée sur le site de l’OFT).
-
Dans l’affirmative, existe-t-il des lignes caractérisées par
des vitesses maximales variables ?
Voir les questions 1 et 3; la seule condition à remplir est une Vmax supérieure à 160 km/h
-
Pour quelles raisons la Suisse a-t-elle d’emblée renoncé à des
vitesses de 320/350 km/h? Est-ce dû aux rayons de courbe nécessaires et à l’emprise sur le sol ?
Pas uniquement. Des vitesses supérieures étaient prévues initialement lors de la planification des transversales NHT et du Gothard. Les deux projets étaient à l’origine basés sur les
possibilités techniques et non sur les nécessités du marché en Suisse.
Rail 2000 a constitué le tournant: dans le triangle de planification portant sur l’offre, la matériel roulant et l’infrastructure, les CFF ont privilégié l’offre, soit le temps de trajet
nécessaire pour assurer de bonnes correspondances. La vitesse de 200 km/h s’est ainsi avérée suffisante entre Berne et Olten.
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Des trains pourraient-ils circuler à 320–350 km/h sur la
nouvelle ligne Mattstetten – Rothrist ?
La vitesse maximale autorisée par l’OFT est limitée à 200 km/h.
Un concept qui a de l'avenir dans les godasses... La construction du réseau de chemins de fer européen à grande vitesse progresse partout
en Europe.En voilà une bonne nouvelle...