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DOSSIER

Dimanche 13 février 7 13 /02 /Fév 13:01

logo SNCF   logo DB   logo-ns.gif   logo-dsb.jpg   logo-bls.gif   logo-renfe.gif logo-fs.gif    logo-br-rouge.gif  EUROPE - Le transfert des sites de production vers l’Europe centrale et au-delà, jusqu’en Chine, signifie qu’à mesure que les délocalisations augmentent, les besoins en transport de fret pour les 350 millions d’Européens d’Europe occidentale se généralisent. L’objectif est donc clair : il faut mettre la France à niveau dans le domaine des transports de marchandises pour qu’elle soit attractive et compétitive.

 

Il suffit pour en être convaincu d’observer comment certains pays européens, l’Allemagne et les Pays-Bas en particulier, ont fait de cette approche une vision stratégique, identifiant le transport de fret et logistique à une arme de supériorité technique pour l’industrie et le commerce, afin de conquérir puis conserver des marchés extérieurs, tout en attirant sur leur territoire des investissements en outils de production et de distribution, créateurs d’emplois non délocalisables.

 

L’Allemagne exporte ses fabrications dans le monde entier. Sa balance commerciale est très largement positive. Pour soutenir son économie, l’Allemagne a pu s’appuyer sur deux leaders en matière de transport et de logistique, Deutsche Bahn et Deutsche Post. Au début des années 1990, après la réunification, Deutsche (Bundes) Bahn s’est vite rendu compte qu’elle avait fait une grossière erreur en vendant Schenker, opérateur logistique. Elle rachète donc Stinnes, laquelle contrôle Schenker, qui va servir de socle pour la construction d’un outil mondial. Suivront d’autres initiatives : Kombiverkehr et Hangartner en transport combiné, Bax Global mais aussi des entreprises ferroviaires (NS, DSB, BLS) et des sociétés étrangères (EWS et Transfesa). Deutsche Bahn (DB) s’est ainsi dotée d’une force de frappe - DB Schenker - de 59.000 spécialistes dans plus de 100 pays, réalisant en 2006 un chiffre d’affaires de 14,1 milliards d’euros.

 

Dans le même temps, DB poursuit sa poussée vers l’Est avec le projet d’établir une liaison ferroviaire fiable en transport combiné avec l’Asie pour relier l’Extrême-Orient à l’Europe en 15/20 jours, là où il en faut 35/40 par voie maritime. Les multiples essais réalisés – satisfaisants dans leur ensemble – pourraient déboucher dès 2009-2010 sur la mise en service de liaisons hebdomadaires.

 

En conclusion, Deutsche Bahn, grâce à la compétence de Schenker dans le domaine du fret, est un acteur qui sait tout faire partout pour ses clients. Cette organisation a été concrétisée en moins de 10 ans. Simultanément, l’entreprise, qui est aussi le gestionnaire de l’infrastructure, s’est vigoureusement réorganisée et modernisée. _ Avec Deutsche Post, c’est sous la marque DHL que s’est constitué un réseau mondial de transport et de logistique en agrégeant autour du noyau national des leaders spécialisés complémentaires dont les principaux sont Danzas, ASG, AEI, DHL, etc. pour créer un leader global qui se positionne aujourd’hui devant UPS et Fedex. Sans oublier Lufthansa et TUI dans les transports aérien et maritime et des groupes puissants tels que Kuehne Nagel, Dachser. Clairement, l’Allemagne a joué la carte du fret. Cette stratégie voulue, concrétisée et réussie induit une réalité de tous les jours : transport de fret et logistique soutiennent l’industrie et le commerce du pays en portant efficacement les produits allemands partout dans le monde, là où ils sont requis.

 

Alors que l’Allemagne privilégie une stratégie de soutien de ses industriels portant leurs produits sur des marchés extérieurs, les Pays- Bas ont adopté une stratégie différente consistant à attirer sur leur sol même un maximum d’activités à l’origine non européennes, mais fortement génératrices d’emplois. Ce pays a vu se fixer près de 60% des « European Distribution Centers » sur son territoire. Le port de Rotterdam est organisé aujourd’hui en une véritable porte d’entrée grâce à des infrastructures continuellement redimensionnées, des acteurs hyperactifs et des services fiables, tout cela au service du pays. Ce modèle intègre une desserte maritime du Royaume-Uni pour concurrencer le tunnel sous la Manche, et une infrastructure ferroviaire, la Betuwe Lijne, dédiée au fret, reliant Rotterdam et la frontière allemande avec pour objectif d’atteindre la Suisse et l’Italie, s’appuyant sur un opérateur (NS Fret). Le pays s’appuie également sur un réseau fluvial à grand gabarit permettant, grâce à l’axe Rhin-Danube, un accès jusqu’en Europe centrale et sur un transport routier exceptionnellement dynamique (TLN, EVO plus ESC). Un projet de liaison est en préparation en transport combiné entre Rotterdam et Lyon vers l’Italie en même temps qu’un service ferroviaire Rotterdam-Paris (trains de 1.000 mètres). S’agissant des flux maritimes conteneurisés, Rotterdam (9.600.000 TEU/an) compte parmi les principaux ports de la mer du Nord avec Hambourg (8.800.000 TEU/an) et Anvers (7.000.000 TEU/an), Le Havre venant loin derrière. En fret aérien, Amsterdam (1.652.000 t) arrive en 3e position derrière Francfort/ Main (et Hahn 2.169.000 t) et Paris CDG (2.298.000 t). Le pays compte sur tous ces moyens pour s’imposer comme la porte d’entrée de l’Europe.

 

Nos ministres des Transports n’ont pas une vision « industrielle » du fret, à la différence des Allemands et des Néerlandais, (lesquels, s’ils disposaient du « trésor français », à savoir son exceptionnelle situation géographique, l’auraient depuis longtemps valorisé) car ils n’en ont malheureusement qu’une vision politique. En particulier, les pouvoirs publics n’ont pas saisi que le fret est créateur d’emplois – non délocalisables – et que des investissements dans des activités de transport concernent toutes les catégories de la population. Ceci ne veut pas dire que la France n’a pas de savoir-faire ni d’expertise dans ce domaine. Géodis, Dentressangle, CMA CGM, Air France-KLM, La Poste, etc. témoignent du contraire. Et pourtant, depuis 25 ans, Géodis a été continuellement ballottée entre privatisation et nationalisation selon les alternances politiques du moment. Comment élaborer dans ces conditions une stratégie durable et crédible pour aller de l’avant ? La leçon est simple : il faut radicalement changer la vision française en revalorisant la fonction transport et sa composante fret.

 

Pendant tout le temps où l’Allemagne avançait, la France – classe politique en tête – a exclusivement privilégié le transport de voyageurs : TGV et TER, parce que, contrairement au fret, les voyageurs votent ! Mais aussi parce que cette même classe politique a pu craindre les menaces réelles d’un blocage du pays que font peser les syndicats – de SNCF mais aussi des ports ou des routiers – toutes les fois que des actions de modernisation auraient dû être entreprises.

 

Cette vassalisation du fret ferroviaire par rapport au transport de voyageurs explique que, durant ces trente dernières années, les investissements ont été faits à l’usage exclusif de la grande vitesse et qu’un retard énorme a été accumulé par Fret SNCF dans ses investissements en moyens de traction modernes et puissants ainsi que dans la mise à niveau de son outil de production. Ainsi, ce n’est en fait qu’à l’issue du plan Véron de 2006 et sous la présidence d’Anne-Marie Idrac que le transport combiné a commencé à retrouver sa vraie place. Tout cela explique les commentaires durs mais justifiés à l’égard de la France. Kombiverkehr, par exemple, lors de la mise en place d’un nouveau train du combiné entre les Pays-Bas (Moerdjik) et l’Espagne (Barcelone/Tarragone) explique : « Les opérateurs entre l’Europe du Nord et l’Espagne souffrent des performances médiocres de l’opérateur public français. » Ce que Lord Berkeley, président de Rail Freight Group, exprime diplomatiquement à Londres : « (…) nous nous sentons, au Royaume-Uni, totalement isolés de l’Europe par la faute de la France…  » À partir de ces constats, l’une des préoccupations majeures des autres entreprises ferroviaires européennes est de « contourner » la France. D’autant plus que s’ajoutent encore des sillons fret attribués lentement, de moins en moins performants, de plus en plus chers sur une infrastructure dans un état inquiétant. Et les augmentations des péages annoncées ne garantissent pas simultanément une obligation de résultat.

 

Quant au TCRR, celui-ci a subi une salve d’augmentations tarifaires lourdes et de mesures d’accompagnement, officiellement en raison de l’augmentation des tarifs d’électricité et des péages d’infrastructure. Le plan de réforme de Fret SNCF de 2003 a cependant permis de transférer la responsabilité des trains du combiné de l’opérateur historique à sa filiale Novatrans. Résultat : à la fin du plan Véron, le TCRR chez Fret SNCF était redevenu une activité en progression, assainie économiquement, et la nouvelle référence.

 

Avec la nomination de Guillaume Pepy, un nouveau plan fret devait être lancé, qui a aussitôt été bloqué par les syndicats. Tout se passe en effet comme si certains étaient devenus sourds et aveugles. Alors même que leur statut leur assure une garantie de l’emploi, cette minorité de personnes refuse de regarder la réalité en face s’agissant de l’organisation de la production et de la compétitivité de l’entreprise vis-à-vis des autres acteurs. Un tel comportement est difficile à comprendre lorsqu’il s’agit d’une activité stratégique qui doit aider au transfert modal, voulu dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Tout conduit à conclure que le comportement de ce petit noyau aboutira à suicider sans recours possible l’activité fret pour le grand bien de concurrents étrangers. Est-ce le but recherché ?

 

Pour Fret SNCF, il faut donc passer à l’acte, c’est-à-dire construire une compétitivité tarifaire comparable à celle des nouveaux entrants et des concurrents européens en définissant une nouvelle organisation. Cela implique de respecter le client en délivrant un service en tous points comparable au transport routier de marchandises, la référence en la matière, de servir les professionnels français mais aussi nos voisins, c’est-à-dire s’intéresser identiquement aux trafics domestiques, intra-européens et aux trafics transitant par la France. Il est nécessaire également de garantir le libre accès à l’infrastructure et de lever un certain nombre d’ambiguïtés s’agissant du partage des infrastructures entre RFF et SNCF.

 

L’observation des statistiques concernant les trafics conteneurisés à l’importation vers l’Europe par voie maritime montre que les chiffres relatifs à l’Extrême-Orient et à l’Asie du Sud-Est représentent, année après année, à la fois des progressions très significatives et un pourcentage de plus en plus dominant par rapport au nombre total des conteneurs à destination de la région. Des initiatives ont déjà été engagées en Italie et en Espagne pour attirer une part significative de ces conteneurs vers Gioia Tauro ou Algésiras et, incontestablement, des succès ont été obtenus. Mais ces chiffres montrent qu’il existe un important potentiel de développement pour le port de Marseille-Fos. Avec ce port, la France a l’exceptionnelle chance de disposer d’une vraie « pépite » qui devrait être la plus à même de devenir la Rotterdam du Sud… Et cela d’autant plus que « l’hinterland » de Marseille-Fos est « plat », à l’écart des Alpes et des Pyrénées, soit un territoire sur lequel se pratiquent les trois modes de transport terrestres : route, rail, voie d’eau pour atteindre la Suisse, l’Allemagne et le reste de la France sans rencontrer d’obstacles significatifs au plan des reliefs. De même, on ne peut que déplorer l’inconsistance de la politique portuaire s’agissant du Havre qui occupe également une position géographique favorable.

 

À l’image des Pays-Bas, la France doit sophistiquer son dispositif terrestre. Ceci passe d’abord par des infrastructures – ferroviaires et fluviales – dédiées au fret sur des corridors où massification et distance se conjuguent. Et ces infrastructures doivent impérativement être au gabarit européen. Au plan ferroviaire, plusieurs maillons doivent être réalisés en priorité.

 

Les chiffres publiés par l’observatoire franco-espagnol des trafics dans les Pyrénées indiquent que pour l’année 2006 le trafic de poids lourds (PL) sur les autoroutes A9/A7, entre Loriol et Montélimar, tangente les 10.000 unités/jour, soit un PL toutes les 6 secondes ; la projection à 2020 calculée à partir des évolutions annuelles prévoit un trafic de 20.000 PL/jour, soit un doublement du flux actuel et donc un PL toutes les 3 secondes : un vrai mur de poids lourds… Ces PL ne pourront en aucun cas être transférés sur d’hypothétiques « autoroutes de la mer ». La seule solution envisageable est donc ferroviaire, au moyen d’une infrastructure dédiée au fret dans le cadre d’une armature européenne permettant d’exploiter des trains longs et lourds (1.500 m – 3.000 tonnes) et du transport combiné. On pourrait citer également la mise à niveau des infrastructures sur Lyon-Turin, Lyon-Metz/Strasbourg, Zaragoza-Toulouse… qui révèlent un franchissement d’obstacles naturels (Alpes ou Pyrénées) archaïque par des infrastructures inadaptées. La France dispose aussi d’infrastructures sous-exploitées comme le tunnel sous la Manche. Au lieu de cela, les politiques ont, ces dernières années, apporté leur soutien à des projets transport auxquels les professionnels n’ont pas adhéré, comme le contournement d’obstacles par des « autoroutes de la mer ».

 

Le transport de fret doit satisfaire trois fonctions principales : accompagner les entreprises exportatrices, optimiser la distribution de produits finis jusqu’aux consommateurs, fluidifier les flux en transit sur un territoire donné, tout cela dans le cadre d’une logistique reposant sur la gestion de la chaîne d’approvisionnement. D’où la triple nécessité de disposer d’entreprises de transport et de logistique puissantes nationalement et internationalement, d’entreprises ferroviaires et d’opérateurs de transport combiné aptes à produire et délivrer des services de qualité s’appuyant sur des infrastructures robustes. À l’heure où un énième plan fret est annoncé pour sauver cette activité au sein de la SNCF, il est indispensable qu’une prise de conscience se fasse au niveau de tous les acteurs concernés (employés, direction, pouvoirs publics, syndicats, opérateurs privés et clients) : le transport de marchandises peut être une véritable richesse pour notre pays et non plus une charge que nous allons abandonner à des concurrents étrangers. À l’État de se saisir de cette problématique, comme l’Allemagne, pour arrêter en cohérence avec les acteurs concernés un plan d’action avec l’objectif d’améliorer l’attractivité et la compétitivité du pays.

 

 

Le transport de marchandises, un enjeu de politique industrielle diversement apprécié suivant que l'on soit français, allemand, néerlandais... et poutant : les besoins en transport de fret pour les 350 millions d’Européens d’Europe occidentale se généralisent. A quand donc une vision commune dans ce domaine ?

Par ifrap.org - Publié dans : DOSSIER
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Samedi 12 février 6 12 /02 /Fév 13:02

logo SNCF  FRANCE - Des commentaires ironiques ont accueilli la nouvelle de la nomination de Guillaume Pepy comme manager de l’année par le magazine Le Nouvel Economiste. En effet le modèle SNCF prend l’eau de toute part : Concurrence internationale de voyageurs qui menace, grèves réveillons, usagers des lignes malades et des TER en colère, on peut effectivement s’interroger sur ce qui dans son palmarès économique justifie le choix de la SNCF. Et s’il est un secteur en particulier où la SNCF a sombré c’est celui du fret ferroviaire en France.

 

Les chiffres présentés ci-dessous sont ceux présentés par le Professeur Bonnafous du Laboratoire des Transports de Lyon à l’occasion du colloque qui a eu lieu le 11 janvier 2011 à l’Assemblée nationale sur le thème « Ouverture à la concurrence des marchés ferroviaires » organisé par l’association Avenir Transports. Ces chiffres sont particulièrement inquiétants :

 

Développement de la performance du fret ferroviaire

 

Cette situation appelle plusieurs commentaires : Les mauvais chiffres du fret ferroviaire ont commencé bien avant la crise. Comme a eu l’occasion de le rappeler Hubert du Mesnil, président de Réseau Ferré de France, gestionnaire d’infrastructure, et à ce titre, principal témoin de l’ouverture à la concurrence : «  En France, le marché du transport ferroviaire fret est totalement ouvert depuis 2006. Nous avons quatre ans d’expérience pour analyser le développement d’entreprises autres que l’opérateur historique. Les nouveaux opérateurs ont entre 17% et 18% de parts de marché. Cette part de marché est en progression rapide. Dans deux ans, ce chiffre pourrait être aux alentours de 20%. La croissance de parts de marché des nouveaux entrants est relativement rapide si nous la comparons à d’autres pays européens. »

 

Compte tenu des parts de marché acquises par les nouveaux entrants, le recul de l’opérateur historique est donc proportionnellement encore plus impressionnant. Fret SNCF a pourtant bénéficié de plusieurs mesures de sauvetage par les pouvoirs publics en vue de se préparer à l’ouverture à la concurrence. Le dernier en 2005, le plan Veron a représenté l’apport de 800 millions d’euros, et devait être le dernier autorisé par Bruxelles, en contrepartie d’une ouverture effective. Depuis, si l’opérateur historique ne peut plus recevoir de subventions publiques, il n’en demeure pas moins que l’État a pris de gros engagements en faveur du transport ferroviaire de marchandises au travers du Grenelle de l’environnement, qui lui-même a débouché sur un plan pour le renouveau du fret annoncé en septembre 2009 de 7 milliards d’euros, essentiellement d’investissement d’infrastructures.

 

Les syndicats, s’ils constatent que l’activité fret a été divisée par deux en dix ans, continuent de dénoncer la libéralisation comme responsable de la perte de marchés. Impossibilité de mutualiser les résultats au sein du groupe SNCF, concurrence féroce de la route, sous-investissement chronique dans l’entretien et la rénovation du réseau, ils invoquent un abandon des pouvoirs publics et affirment que la libéralisation n’a profité ni à l’opérateur historique ni aux nouveaux entrants. Pourtant, l’exemple allemand montre au contraire que l’ouverture à la concurrence lorsqu’elle est saisie comme une opportunité profite autant à l’opérateur historique qu’aux nouveaux entrants. Sur le schéma suivant du Professeur Bonnafous, on peut voir que non seulement l’activité fret dans son ensemble a progressé en Allemagne après la libéralisation mais que l’activité de l’opérateur historique a elle aussi progressé.

 

 

Mais les syndicats n’évoquent jamais le déficit de productivité de l’opérateur historique qui explique que la concurrence se soit si vite imposée. Ce qu’a confirmé le rapport Grignon d’octobre 2010 sur l’avenir du fret ferroviaire :

 

- « S’agissant du positionnement de la SNCF vis-à-vis des acteurs privés, le rapport Bain indique que les coûts salariaux de la SNCF, pour l’exploitation, sont quasiment le double de ceux observés chez VFLI, filiale privée de la SNCF, en 2009 : 300 euros par journée de service productive, contre 167 euros pour VLFI. Par ailleurs, un tractionnaire Fret SNCF conduit en moyenne 160 jours par an contre 210 jours chez VFLI. (…) »


- Comme le précise le rapport, « la durée et l’aménagement du temps de travail des cheminots sont fixés par un décret spécifique à la SNCF. Quant aux salariés des entreprises privées, leur temps de travail relève du code du travail complété par l’accord collectif de branche de 2007, élément de la future convention collective en cours de négociation, et qui ne s’applique pas à la SNCF. Cette différence réglementaire de régime de travail ne doit pas être confondue avec l’existence du statut des cheminots, qui porte, lui, sur des éléments du cadre social autres que le temps de travail : garantie de l’emploi, régime de retraite, évolution salariale… (…) »


- Et le rapport de citer des observateurs qui « estiment que le statut de cheminot de la SNCF demeure globalement plus attractif que celui de salariés dans les entreprises concurrentes pour les raisons suivantes : l’emploi est de facto garanti à vie, la progression de carrière est assurée, le taux de la pension de retraite est avantageux, les cotisations sociales sont moindres que dans le secteur privé, et les avantages en nature liés à la carte de circulation sur le réseau SNCF ne sont pas assujettis à l’URSSAF. En revanche, la comparaison est plus difficile à établir entre les deux régimes s’agissant de la durée du travail et du salaire. »


- Ce qui fait conclure au rapport Grignon que « la réforme du statut des cheminots constitue un problème de fond, car il existe un écart de coût entre la SNCF et les autres entreprises de transport ferroviaire, lié aux différences en matière de réglementation du travail, écart qui a un impact décisif sur la compétitivité de l’activité fret de la SNCF. »

 

Bien sûr, la crise n’a rien arrangé. Baromètre de l’activité économique et industrielle, le transport de marchandises s’est effondré fin 2008 et début 2009. Le nouveau patron de la branche transport de marchandises de la SNCF, Pierre Blayau, a annoncé une énième réforme, qui cette fois n’a pas pu être reportée en raison des pertes accumulées. L’activité wagon isolé représentant 20% du trafic mais 80% des pertes a été supprimée au profit d’une solution multi-lots, présentée par la SNCF comme étant la seule solution pour maintenir une offre ferroviaire aux chargeurs. Mais plusieurs fédérations industrielles ont dénoncé la réduction drastique de l’offre. C’est d’autant plus le cas que nos industriels sont les premiers à souffrir des plans de redressement multiples de l’opérateur historique. Ainsi, les opérateurs de fret comme leurs clients rappellent volontiers qu’aucun service minimum n’existe pour les trains de marchandises contrairement aux voyageurs. Lors des dernières grèves contre les retraites, des trains de marchandises ont été immobilisés pendant plusieurs jours, privilégiant si c’était nécessaire encore un peu plus la route au détriment du rail. Des défaillances dans la fiabilité du réseau français qui pénalisent aussi les opérateurs et industriels étrangers. « Les opérateurs entre l’Europe du Nord et l’Espagne souffrent des performances médiocres de l’opérateur public français » témoignent-ils [1]. Ce que Lord Berkeley, Président de Rail Freight Group a exprimé également « …Nous nous sentons au Royaume-Uni totalement isolés de l’Europe par la faute de la France… ».

 

La SNCF qui vient de publier ses résultats pour 2010 a annoncé un chiffre d’affaires en hausse de 22,4% à 30,466 milliards d’euros, « dépassant assez nettement la barre des 30 milliards qu’elle s’était fixée », est-il précisé à l’AFP. Si la branche SNCF Geodis, qui regroupe les activités de fret et de logistique, a vu son activité grimper de 20,5% à 8,890 milliards d’euros, c’est essentiellement dû à des acquisitions mais l’entreprise n’a pas souhaité communiquer de chiffres pour le seul fret ferroviaire. Et pour cause, les dommages causés dans ce secteur semblent de plus en plus difficiles à effacer. Il ne reste plus à la SNCF qu’à en tirer les leçons pour ne pas connaître la même déroute alors que s’ouvre la concurrence dans le transport de voyageurs.

 

 

La SNCF malade de son Fret... et la situation  ne date pas d'hier :Les mauvais chiffres du fret ferroviaire ont commencé bien avant la crise. Comme a eu l’occasion de le rappeler le président de Réseau Ferré de France et principal témoin de l’ouverture à la concurrence : «  En France, le marché du transport ferroviaire fret est totalement ouvert depuis 2006. Nous avons quatre ans d’expérience pour analyser le développement d’entreprises autres que l’opérateur historique. Les nouveaux opérateurs ont entre 17% et 18% de parts de marché. Cette part de marché est en progression rapide. Dans deux ans, ce chiffre pourrait être aux alentours de 20%. La croissance de parts de marché des nouveaux entrants est relativement rapide si nous la comparons à d’autres pays européens". Faudrait peut-être réagir...

Par ifrap.org - Publié dans : DOSSIER
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Mercredi 24 mars 3 24 /03 /Mars 23:15

logo-sncf.jpg   logo-db.gif  FRANCE / ALLEMAGNE - La France et l'Allemagne sont les deux grands européens du ferroviaire par leurs réseaux, leurs trafics et leurs industries. A l'heure de l'espace ferroviaire européen, les deux pays ont adopté des politiques antagonistes. L'Allemagne s'est lancée dans une remise à plat de son système et l'ouverture à la concurrence. La France a adopté une politique protectionniste et le maintien de la SNCF dans ses privilèges. La première est dans le sens de la politique européenne, la deuxième à contre-courant.

La Deutsche Bahn (DB), née dans la dynamique de la réunification, est une société anonyme, organisée en holding et filiales. Son désendettement initial par l'État lui a permis une croissance externe exceptionnelle, faisant d'elle le deuxième groupe logistique mondial. L'entreprise est durablement bénéficiaire. La SNCF a gardé ses structures complexes, associant établissement public et filiales de droit privé. Sa croissance externe dans la logistique lui a permis de compenser partiellement son échec dans le fret ferroviaire et le succès du TGV de présenter des comptes bénéficiaires de 2003 à 2008.

La crise a frappé durement les deux entreprises qui doivent revoir leurs stratégies. La première logique serait la compétition. Pour la DB, sa place de numéro un logistique est assurée. Elle doit empêcher l'émergence d'un vrai rival. La bataille se jouera à l'est. Pologne, deuxième marché fret ferroviaire d'Europe, industrieuse Slovaquie, puissante Russie, Ukraine et Biélorussie offrent un grand potentiel. Pour construire un vrai numéro deux, la SNCF doit, outre ranimer le marché français, trouver des partenaires et créer une alliance.

Pour la grande vitesse, la SNCF a créé un modèle. Elle est la seule à faire réellement de l'international avec Eurostar et Thalys. Pour autant, la grande vitesse européenne se déploiera au rythme du réseau qui atteindra 20.000 kilomètres en 2020, rendant accessibles des destinations réservées aujourd'hui à l'avion. Pour la DB, la question se pose du choix entre l'est et l'ouest. Elle ne peut pas négliger la zone internationale déjà ouverte sur le polygone Paris, Londres, Bruxelles, Bonn, Amsterdam. Cela va lui demander de gros investissements. Elle peut créer plus facilement un réseau pertinent en Europe centrale.

Pour la SNCF, l'avenir est à l'est et les risques au sud. A l'est, la SNCF peut trouver des partenaires pour contourner le grand rival et s'approprier les axes européens futurs Paris-Vienne ou Lyon-Budapest. Au sud, la Renfe ou Trenitalia ont des ambitions. La première lorgne sur la France et la bordure méditerranéenne. La seconde vise ce même littoral et l'Europe centrale.

A la compétition coûteuse et hasardeuse, la SNCF et la DB pourraient préférer un partage : Europe de l'Ouest pour l'une et Europe de l'Est pour l'autre, plus un bon accord de connexions. Mais le jeu global comprend d'autres acteurs : opérateurs historiques cherchant à valoriser leurs réseaux et nouveaux entrants, tels qu'Arriva, Veolia, NTV. Après une phase d'émergence, la consolidation se produira. Une issue serait l'apparition de deux alliances animées par la DB et la SNCF et présentant une offre concurrentielle sur l'ensemble de l'espace ferroviaire européen.

Cette concurrence SNCF-DB, sur un marché européen dans une activité non délocalisable, sera bénéfique au consommateur. En revanche, la discordance actuelle des politiques française et allemande freine la construction de l'espace ferroviaire européen. Elle se retrouve dans la construction de matériel ferroviaire. Le marché y est mondial et la menace asiatique. La Chine va construire 800 rames grande vitesse d'ici à 2013, soit l'équivalent des flottes actuelles réunies de la SNCF et de la DB. La rivalité des constructeurs Alstom et Siemens est dangereuse car les concurrents asiatiques pourraient les marginaliser sur un marché mondial.

Le ferroviaire a toujours été historiquement dans le champ du politique. France et Allemagne ont vocation à être les leaders d'une Europe ferroviaire qui se veut un modèle pour le monde. Comme dans l'aérien, les transporteurs peuvent se livrer au jeu naturel de la concurrence mais les constructeurs européens ne trouvent une masse critique qu'en se rassemblant. Cela pose clairement la question d'un Airbus ferroviaire et plus généralement celle de la cohérence des politiques des deux pays...



Les bleus contre les rouges : ce n'est pas le titre d'un futur wargame pour votre console de jeux, mais bel est bien l'avenir qui se dessine dans l'Europe du ferroviaire avec une concurrence, pour le moment encore amicale, entre la SNCF et la Deutsche Bahn. Qui bouffera l'autre ? le feuilleton promet d'être passionnant... A suivre absolument !

Par latribune.fr - Publié dans : DOSSIER
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Mardi 20 octobre 2 20 /10 /Oct 22:56

 BELGIQUE Le 19 octobre 2004, le Moniteur Belge publiait l’arrêté royal portant les statuts de la nouvelle SNCB. Avec la parution de ce document de loi, naissait l’entreprise SNCB, une des trois composantes de la nouvelle structure du groupe ferroviaire belge. Durant les cinq années écoulées, l’entreprise n’a cessé de poursuivre le même objectif : celui de devenir un opérateur ferroviaire fort et performant. Avec l’aide de quelques facts and figures, le bilan a pu être dressé. Le nombre de voyageurs durant ces cinq années n’a cessé d’augmenter. La SNCB réalise une croissance bien au-delà des exigences formulées par l’Etat. Afin de pouvoir réaliser cette croissance (environ 5% de voyageurs en plus chaque année) d’une manière qualitative, la SNCB a investi dans de nouveaux trains, modernes et confortables.

Depuis fin 2004, environ 600 millions d’euros ont été dédiés chaque année à l’amélioration de la flotte SNCB. Les commandes supplémentaires de voitures à double étage M6, très appréciées des clients, et les rames Desiro ML, qui seront consacrées principalement au trafic RER, sont autant d’exemples de ces investissements d’envergure réalisés. Le matériel roulant plus ancien n’a pas été oublié. Il sera modernisé afin d’offrir aux clients les mêmes conditions modernes de transport. Les M5, anciennes voitures à deux niveaux de couleur bordeaux datant des années 80, et les automotrices breaks, datant de la même époque, sont actuellement  modernisées. Le but ultime de ces efforts est de pouvoir offrir une place assise à chaque client lorsque l’ensemble des nouveaux trains sera livré, et la modernisation du matériel plus ancien achevée. A l’heure actuelle, certaines relations souffrent encore d’un manque de capacité aux heures de pointe.

Grâce à ces investissements, la SNCB va réaliser une augmentation de la capacité de ses trains de plus de 34%. Cela signifie une offre totale de 375 000 places assises en 2016. De cette manière, la croissance réalisée aujourd’hui par l’entreprise, et celle à venir, seront qualitativement absorbées. La totalité des trains composés de voitures M6 et de Desiro ML (qui seront aussi utilisés dans le cadre du RER) offriront plus de 150 000 places assises. Le choix d’une standardisation du matériel revêt de nombreux avantages. Ce sont les voitures M6 qui ont constitué le « prototype » de cette standardisation, un modèle fort apprécié des clients vu son confort. Elles ont été aussi le point de référence pour la modernisation du matériel actuel (les M5 et les automotrices Breaks) en ce qui concerne le choix des tissus, le système de toilettes en circuit fermé, l’équipement à bord… La standardisation facilite aussi le travail en atelier : gestion des stocks, knowhow des techniciens, …

D’importants investissements ont aussi été réalisés dans les ateliers de Liège, Charleroi et Gand afin d’en augmenter la capacité et d’y utiliser les technologies les plus modernes. De cette manière, la dimension technique de la SNCB est renforcée.

La qualité du trafic ferroviaire et la satisfaction des clients passe également par la ponctualité, le point d’attention de la SNCB. Une analyse détaillée montre que moins de la moitié des retards sont causés par la SNCB. La plupart des retards imputés à la SNCB sont d’origine technique mais des facteurs exogènes entrent parfois en compte comme les conditions météorologiques désastreuses du début de cette année, le suivi opérationnel d’accidents ou des incidents avec des tiers.

Un plan d’action est mené afin d’optimaliser l’entretien du matériel, en partant de la standardisation, propice à une meilleure gestion des stocks et un plus grand savoir faire au sein du personnel d’atelier, vers la prise de mesures très spécifiques (comme par exemple, le chauffage des locomotives par temps froid). L’amélioration de la ponctualité est une priorité absolue. Une étude commune à l’opérateur SNCB et au gestionnaire de l’infrastructure Infrabel a donc été récemment commandée par le management. Elle devrait déboucher sur un plan d’action commun pour une meilleure régularité. Ce plan est composé de points d’action précis en tenant compte de différents facteurs : l’infrastructure, la composition technique des trains, le personnel, et même, quand c’est possible, de facteurs extérieurs.

 
Et quand la ponctualité n’est pas satisfaisante, l’entreprise se doit d’informer ses clients de la meilleure manière qui soit. Dans ce contexte, la SNCB a démarré quelques projets jusqu’ici encore jamais vus en Europe. La SNCB informe ainsi aujourd’hui les voyageurs en temps réel sur la situation du trafic. Et la manière est au choix du client. La SNCB donne ces informations par sms,  via des widgets sur internet, via le planificateur de voyages en ligne ou encore via Windows Live. Les clients reçoivent une information personnalisée sur les retards, mais aussi des propositions d’alternative pour un trajet le plus direct possible.

Afin d’améliorer encore la circulation des trains, la SNCB prend en considération, là et quand c’est possible, les attentes de ses clients (potentiels). Comment ? Par la mise en circulation de trains supplémentaires sur une liaison donnée ou en offrant de nouvelles relations. Ce sera très prochainement le cas entre Courtrai et Tournai. La nouvelle liaison permettra une relation directe entre Courtrai et Lille, ce qui facilitera les déplacements quotidiens domicile-travail au sein de l’Eurométropole. La SNCB étudie aussi la possibilité de rouvrir la ligne directe entre Hasselt et Neerpelt ainsi qu’une relation directe entre Gand et Zelzate.

Un autre élément positif pour de nombreux clients : une diminution tarifaire de 20% pour le trafic transfrontalier dans une zone de 30 km. Les tarifs pour les relations concernées, comme Courtrai-Lille, s’alignent donc sur les prix en trafic intérieur.La SNCB va en effet bien au-delà de nos frontières proches. L’entreprise se positionne de plus en plus comme un acteur clé au sein de l’Europe à grande vitesse. Bruxelles en devient le nœud ferroviaire. Les trains filent à grande vitesse aux quatre coins de l’Europe et relient en quelques heures à peine la capitale européenne au Sud de la France, l’Ouest de l’Allemagne, aux Pays-Bas ou à l’Angleterre. En 2010, la SNCB lancera un nouveau tgv vers les Pays-Bas: le Fyra.

Eurostar se profile depuis quelques années comme le leader de marché incontestable au sein du triangle Bruxelles-Londres-Paris. La position de la SNCB sera stabilisée dans la nouvelle société Eurostar. La participation de la SNCB dans le nouveau capital d’Eurostar doit avoir un impact positif sur les résultats de l’opérateur ferroviaire belge. Auparavant, étaient amortis uniquement les résultats de l’axe Bruxelles-Londres. Maintenant, la SNCB reçoit aussi une part du gâteau pour l’axe Paris-Londres. En gérant ses participations dans Eurostar, Thalys, TGV et Fyra, la SNCB renforce sa présence et son importance dans l’ère de la grande vitesse. En d’autres termes, voyager à grande vitesse au cœur de l’Europe, c’est possible, en partie grâce à la SNCB !

Ce qui vaut pour le secteur du trafic international de voyageurs vaut aussi pour le transport de marchandises puisque la division fret ne peut pas tabler sur des dotations publiques. Le transport de fret par rail est libéralisé et la SNCB doit faire face à la concurrence, qui détient actuellement environ 10% du marché. Afin de conserver une division fret performante au sein de la SNCB, le plan industriel, qui est en ce moment discuté avec les organisations reconnues, doit donc être réalisé. Il est minuit moins cinq, sous la pression de l’Europe, qui insiste sur une décision rapide. Anvers, la Flandre et la Belgique ont la légitime ambition d’être la plateforme logistique de l’Europe. Et la SNCB a tous les atouts en mains pour être LE partenaire économique dans cette ambition. C’est déjà en 2002 qu’avait commencé l’assainissement de la division marchandises, à l’époque lourdement déficitaire. Sans les efforts réalisés depuis lors, il ne serait vraisemblablement aujourd’hui plus question d’une division fret à la SNCB.

Cette année, le pôle marchandises se dirige vers une perte de près de 190 millions d’euros ! Une grande partie s’explique par la conjoncture (la crise mondiale s’est fait sentir : la baisse des volumes atteint 40%!), mais le déficit est structurel pour quelque 85 millions. Si le plan industriel, tel qu’il est aujourd’hui sur la table, est accepté, la division fret doit sortir du rouge d’ici 2012. Grâce à une stratégie commerciale qui se base sur les atouts de la division fret de la SNCB et qui déploie une offre logistique complète pour des groupes cibles bien définis. Cela doit se faire grâce à une organisation de travail orientée vers la qualité et une meilleure productivité. 

Ces cinq dernières années, la SNCB a accompli de nombreuses réalisations : une croissance sans précédent du nombre de voyageurs, d’importants investissements dans le (futur) confort de tous ses voyageurs, la construction d’un rôle central dans le paysage de l’Europe à grande vitesse, un premier pas important dans l’assainissement de l’activité marchandises. Il restecependant encore beaucoup de pain sur la planche. Deux grands défis s’annoncent. Dans un contexte où la croissance durable (toujours plus de voyageurs) ne peut pas être obtenue au détriment de la qualité (places assises, ponctualité), la SNCB doit s’ériger en partenaire fiable pour ses clients.  Et si une solution ne se dégage pas à très court terme pour la division fret, les décisions stratégiques futures concernant la chaîne logistique ne seront plus prises dans notre pays, mais bien à Paris ou à Berlin.  

Pour envisager l’avenir avec confiance, l’entreprise ne doit pas seulement prendre des décisions opérationelles et stratégiques. Dans le domaine des processus administratifs et logistiques aussi, une modernisation s’est opérée. La SNCB a pris la décision d’implémenter dans toute l’entreprise la technologie ERP-SAP. Cela permet une gestion correcte de l’entreprise. Alors que ces systèmes ERP-SAP demandent aujourd’hui encore beaucoup d’énergie, ils faciliteront prochainement un meilleur service à la clientèle et une gestion optimale.

L’ambition de rester demain le moteur de la mobilité du pays renforce la nécessité d’une marque SNCB forte, ancrée aux valeurs claires de pragmatisme, modernité et passion. Ces valeurs se retrouvent dans toutes les activités de l’entreprise. Les différentes fonctions de l’entreprise se voient par ailleurs dotées d’une identité propre. Avec leurs compétences diverses, elles constituent la force de l’entreprise et la base de sa structure. Il est donc logique qu’elles reçoivent une place propre au sein de l’organisation. La marque SNCB qui chapeaute le tout demeure centrale. Le Logo B, connu de tous les Belges, ne change pas. La SNCB veut conserver cette référence en matière de mobilité. Pour le client, le logo reste synonyme de fiabilité, sécurité et modernité. La SNCB veut encore renforcer sa marque, lui donner encore plus de visibilité et éclaircir ses activités. C’est pourquoi l’architecture de la marque a été adaptée et les accompagnateurs de train et le personnel de gare ont reçu un nouvel uniforme,
Designed by Strelli…

La SNCB n’a pas opté pour le grand bouleversement, mais plutôt pour un changement graduel. La publicité, les imprimés, les publications et le site Internet seront adaptés selon la nouvelle identité visuelle. Suivront à court terme certains éléments dans les gares, comme les guichets. Les nouveaux uniformes seront livrés dans le courant de l’année prochaine. 
 
La perfection n’est pas de ce monde. Mais la SNCB veut réaliser les ambitions qu’elle a pour ses clients grâce à une bonne stratégie et la qualité comme leitmotiv. Ensemble avec ses collaborateurs (les premiers ambassadeurs de l’entreprise) et ses clients, la SNCB veut entreprendre le voyage, ‘Destination mieux !



Durant ces cinq dernières années, la SNCB revêtait une importance particulière pour l’économie et la mobilité belges. L’entreprise, un des plus grands employeurs du pays, ne laisse personne indifférent. Ce qui porte à croire que son rôle gagnera encore en importance dans un proche avenir...
Par b-rail.be - Publié dans : DOSSIER
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Mercredi 29 avril 3 29 /04 /Avr 13:26

 FRANCE - Ça s'est passé dimanche dernier près d'Orléans : deux jours d'exposition et de démonstration publique consacrés à l'Aérotrain. De ce qui s'annonçait le « moyen de transport de l'avenir », restent les questions posées par les visiteurs de l'exposition : comment une si belle idée a-t-elle abouti à un flop commercial ?

Ancien pilote du « prototype expérimental 01 » à Gometz-la-Ville, je me souviens de l'émotion ressentie aux commandes de l'engin, le plaisir de battre des records de vitesse sur rail : 303 km/h… 345 km/h avec réacteur et fusée à poudre… C'était il y a plus de quarante ans. Jeune ingénieur, j'avais la certitude de vivre une expérience unique, l'impression d'écrire une nouvelle page de l'histoire du rail, relayée par la presse enthousiaste qui annonçait la disparition de la roue.

L'idée simple et révolutionnaire de l'Aérotrain était bien de se passer de la roue, inventée il y près de cinq mille ans, pour la remplacer par le coussin d'air, permettant à l'Aérotrain de « flotter » au dessus du sol.
Extrêmement léger comparé au train pesant des centaines de tonnes se traînant à l'époque à 150 km/h, le prototype d'Orléans atteignit 422 km/h sur la voie de 16 kilomètres encore visible au nord d'Orléans. Hélas, aujourd'hui, le rêve est fini…

Les raisons, techniques et économiques, sont multiples et ne se résument pas à quelques complots ourdis dans l'ombre par les défenseurs de la roue. Le passage du prototype d'Orléans à une exploitation commerciale posait à l'époque de nombreux problèmes.Une difficulté majeure était celle de la propulsion : privé de roue pour le faire avancer et lui permettre de freiner, l'aérotrain devait recourir à un autre mode de propulsion.

L'hélice, comme les fusées et les réacteurs d'avion utilisés pour les essais n'étaient guère adaptés pour une circulation au niveau du sol, notamment à cause du bruit mais aussi en raison de leur faible efficacité à moyenne vitesse. La propulsion électrique, sous forme de moteur linéaire noyé dans la voie était possible, au moins sur la planche à dessin. À l'échelle d'un train, sur des centaines de kilomètres, ce moteur linéaire n'était pas réalisable à l'époque.

De nombreux autres problèmes techniques restaient à résoudre, comme, par exemple, celui du freinage d'urgence, des aiguillages, des chutes de neige… Tous pouvaient sans doute être résolus, un par un, mais cela prendrait du temps, des années, pour atteindre des niveaux de fiabilité acceptables pour un transport public à haute cadence et très grande vitesse, comparable à ceux du chemin de fer.

L'Aérotrain partait avec un handicap. Surdoué et prometteur, mais débutant et sans expérience, il était confronté de fait à un poids lourd, fort de 150 années d'expérience et riche d'améliorations continues : le chemin de fer. On voit que les deux adversaires ne combattaient pas dans la même catégorie.  S'il était apparu en 1825, l'Aérotrain se serait sans doute imposé face au chemin de fer, lui aussi débutant. Il n'en a pas été ainsi à la fin du XXe siècle, au moment où les ingénieurs de la SNCF planchaient sur une idée nouvelle, qui a abouti : le « train à grande vitesse ».

Outre son expérience, le chemin de fer bénéficiait d'un avantage déterminant pour développer son « TGV » : la possibilité de l'intégrer au réseau existant, notamment en partageant les infrastructures, dont les ouvrages d'art et les gares dans les centres-villes. Cela autorisait la réalisation progressive d'un réseau grande vitesse, comme cela fut fait dès le départ pour la création sur plusieurs années de la liaison Paris-Dijon-Lyon-Marseille.
L'Aérotrain, lui, nouvel arrivant dans la cour des grands, non compatible avec le réseau ferré, devait se créer un réseau entièrement nouveau, se superposant au réseau existant de la SNCF.

Ce sont ces considérations techniques et économiques que le responsables politiques ont prises en compte pour le développement du territoire dans les années 70. Placé devant le choix d'adopter le challenger, surdoué et prometteur, ou de développer le tenant du titre, le chemin de fer, le Président de la République a tranché : ce fut le TGV.




Chronique sur le « moyen de transport de l'avenir », désormais relègué au rang flop commercial dans les oubliettes de l'histoire ferroviaire.... bruyant, avec un moyen de propulsion inadapté et un nouveau réseau à construire, il ne partait pas gagnant.... et c'est donc le TGV qui a tout naturellement raflé la mise.

Par Rue89.com - Publié dans : DOSSIER
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Lundi 17 novembre 1 17 /11 /Nov 19:44

 FRANCE - La densité du trafic ferroviaire, la vitesse des trains et les conditions climatiques sollicitent en permanence l’intégrité de la voie ferrée. C’est pourquoi elle doit être parfaitement entretenue pour que soient assurés la sécurité, le confort des voyageurs et la bonne marche du trafic ferroviaire au quotidien. C’est la mission de l’agent de la voie. 

Constamment sur le terrain, il est chargé de la surveillance et de l’entretien des voies (rails, traverses, ballast, joints isolants, nivellement et dressage de la voie) et de ses abords (débroussaillage). En équipe de deux à dix personnes (voire davantage en fonction du travail à accomplir), l’agent de la voie effectue, à pied, des tournées de surveillance pour détecter d’éventuelles avaries. En complément, des engins de surveillance inspectent les défauts internes des rails (engins ultrasons) et les défauts de géométrie de la voie (voitures d’auscultation dites Mauzin, IRIS 320, etc.). Selon les anomalies constatées, les réparations sont effectuées sur une partie ou sur l’intégralité de la voie. En cas d’imprévu, les agents interviennent à tout moment, de jour comme de nuit, les week-ends et jours fériés, pendant leur temps de travail ou durant leurs astreintes. 

Lorsque de petits travaux doivent être effectués, comme le remplacement d’un rail cassé, des plages d’interdiction de circulation sont allouées. Pour limiter la gêne des circulations, les interventions sont effectuées le plus souvent la nuit afin d’éviter des répercussions trop importantes sur le trafic des trains de voyageurs.

Sur le chantier, chaque agent a une tâche bien précise. Un chef d’équipe supervise la réalisation des travaux en s’assurant de la qualité et en veillant à la durée de l’intervention (un dépassement du temps alloué peut entraîner des perturbations sur le trafic, les trains devant attendre la libération des voies par l’équipe de réparation). Un agent spécifique, appelé annonceur, veille à la sécurité du personnel en avertissant, à l’aide d’une trompe à grande puissance, de l’arrivée de trains sur la voie contiguë.

Lorsque les installations ferroviaires vieillissent, elles nécessitent davantage de surveillance et d’entretien. Si le coût de la maintenance devient trop important et que l’état de la voie ne permet plus d’assurer la bonne marche des trains et le confort des voyageurs de façon satisfaisante, le renouvellement des constituants de la voie peut être envisagé.

Ces travaux importants sont effectués par des entreprises privées spécialisées qui disposent d’engins adaptés aux chantiers de grande ampleur. Néanmoins leur réalisation et le respect des règles de sécurité du personnel et des circulations restent sous la surveillance des agents de la SNCF. Ces travaux sont programmés plusieurs années à l’avance et font l’objet d’études approfondies afin d’adapter au mieux le trafic et, le cas échéant, les moyens de substitution, notamment routiers.



Gros plan sur une profession de la SNCF assez peu médiatisée, et pourtant indispensable à la bonne circulation des trains : celle de l'agent de la voie. Constamment sur le terrain, il est chargé de la surveillance et de l’entretien des voies et de ses abords. En équipe de deux à dix personnes (voire davantage en fonction du travail à accomplir), l’agent de la voie effectue, par ailleurs à pied, des tournées de surveillance pour détecter d’éventuelles avaries.

Par SNCF INFOLIGNES - Publié dans : DOSSIER
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Vendredi 14 novembre 5 14 /11 /Nov 13:24

 FRANCE - Sabotage intentionnel, vandalisme gratuit, vols en tout genre : selon un recensement interne à l'entreprise dont Le Figaro a pris connaissance, quelque 27 000 actes de malveillance ont été commis l'an dernier au préjudice du Réseau ferré de France (RFF) - soit 74 par jour en moyenne. En 2007, si l'on se fie à la convention d'exploitation qui lie RFF à la SNCF, le coût de ces dommages a atteint 15 millions d'euros - contre 4,4 millions pour le seul premier trimestre 2008. «Ces actes, dont le nombre augmente constamment depuis plusieurs années, prennent désormais des proportions telles que nous avons décidé de concevoir un nouveau plan de surveillance du réseau», explique Jean-Louis Rohou, secrétaire général de RFF.

Le week-end dernier, c'est le sabotage manifestement concerté de caténaires sur diverses lignes TGV qui a fait déborder le vase, poussant le secrétaire d'État aux Transports, Dominique Bussereau, à demander un renforcement des mesures de sécurité en vigueur sur le chemin de fer. En coulisse, les réunions se multiplient donc depuis plusieurs jours afin d'échafauder les grands axes d'une politique visant à mieux surveiller les 34 000 kilomètres de voies qui composent le réseau.

Outre la discrète sécurisation de «points d'importance vitale» garantissant son bon fonctionnement, en vigueur depuis de nombreuses années, le RFF et la SNCF planchent notamment sur un net renforcement du dispositif de vidéosurveillance implanté sur les voies ferrées. «Pour l'heure, nous disposons d'un parc focalisé sur les gares et d'une qualité technique inégale , observe un connaisseur de la question. Or, nous envisageons à l'avenir de multiplier par trois le nombre de caméras pour mieux couvrir le tracé du chemin de fer - ce qui pourrait représenter plus de 10 000 appareils au total.» Dans ce but, l'adoption d'objectifs dotés de zooms à forte amplitude et capables de filmer la nuit est à l'étude.

La fréquence des tournées à pied le long des voies, qui sont actuellement effectuées sur chaque ligne toutes les deux à dix semaines par des agents de la SNCF, pourrait par ailleurs être accrue grâce à la mobilisation des 2 200 cheminots de la surveillance générale (Suge). «Le redéploiement de ces agents au niveau de l'infrastructure va être fait en lien avec la gendarmerie», a récemment confirmé l'entreprise ferroviaire. En mars 2004, l'action de semblables patrouilles avait permis de débusquer un engin explosif posé sur la ligne Paris-Bâle.

Dès le week-end dernier, Dominique Bussereau a cependant reconnu que ces inspections constituaient un immense chantier, relevant : «Durant la guerre, la surveillance constante par l'armée allemande et la milice n'a pas empêché les actes de sabotage de la Résistance.»

Indépendamment de ces possibles innovations, la sécurité du réseau à grande vitesse repose depuis sa création sur la circulation, chaque matin, d'un train-balai roulant à 160 km/h sur les 1 800 km de voies afin de repérer d'éventuelles anomalies. «Il s'agit d'un dispositif lourd, puisqu'il coûte chaque année entre huit et dix millions d'euros, mais efficace pour fournir une bonne vision du réseau», souligne-t-on à RFF. Par ailleurs, l'intégralité des lignes à grande vitesse ainsi que tous les tronçons de voie ferrée passant dans des zones habitées sont entourés par des clôtures hautes de deux mètres afin de prévenir toute intrusion.

«Du simple jet de pierre à la pose d'une plaque de béton sur les voies en passant par les vols de câbles ou les jeux d'adolescents qui découpent un grillage pour se promener sur la voie, un nombre croissant de gens prend notre réseau pour cible - alors qu'il était autrefois respecté comme l'outil d'un service public» , justifie Jean-Louis Rohou. Rien qu'au cours des derniers jours, des trains ont ainsi heurté des plaques de béton posées sur les voies près de Narbonne (Aude) et d'Alençon (Orne).



15 Millions d'euros : c'est le coût des diverses dégradations commises l'an dernier contre l'infrastructure ferroviaire française. Le prix de la bétise aussi.... Et qui pour certains n'a pas de limite.

Par Lefigaro.fr - Publié dans : DOSSIER
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