Mardi 20 octobre 2009
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FRANCE - "Le taux de participation à la grève, mardi 20 octobre 2009 s'établit à 11 heures à
23,75 %", a annoncé en fin de matinée la SNCF. Ce
taux est inférieur à l'estimation d'un tiers des cheminots en grève avancée lundi par le PDG de la compagnie ferroviaire, Guillaume Pepy. De son côté, la CGT dénonce ce chiffre et avance une estimation de 31,6% de
participation, dans le cadre de la journée d'action nationale à l'appel des syndicats CGT, CFDT-Fgaac et Sud Rail, qui mettent en avant "un climat d'inquiétude et de mécontentement
général" quant à la réorganisation globale de la SNCF, notamment dans la branche fret chroniquement déficitaire.
La SNCF précise que ce taux de participation de 23,75% à la grève n'est pas une estimation, mais bien le "décompte réel en milieu de matinée à partir des prises de
service". Concrètement "toutes les entités de l'entreprise fournissant leurs résultats : la compilation des données étant faite par les bureaux administratifs des
établissements". Une méthode de calcul constante depuis 10 ans.
Mardi en fin de matinée, le service garanti annoncé aux clients par tous les supports gratuits d'information mis à la disposition des clients "a été tenu conformément aux
prévisions", s'est félicitée la SNCF. "Les dispositifs prévus à la suite de la loi sur la continuité de service ont permis de réaliser : une meilleure prévisibilité du trafic; une
meilleure efficacité dans l'affectation des personnels disponibles et une information précise aux voyageurs," souligne-t-elle également. En Île-de-France, la société affirme avoir assuré la
circulation de 364 trains contre 355 promis à ses clients, dans le cadre du service garanti.Un retour à la normale est prévu "dès le premier train mercredi matin".
La direction a annoncé fin septembre une réforme du fret, qui passe par l'abandon d'une majorité des services de messagerie ferroviaire( dit "wagon isolé" pour le
transport de petites lots), responsable de deux tiers des pertes du fret; lesquelles devraient s'élever en 2009 à 600 millions d'euros. La SNCF veut s'orienter sur des marchés plus porteurs
(autoroutes ferroviaires, TGV fret, présence dans les ports, unités dédiées par produits: agricoles/chimiques/automobiles). "Le défi est de savoir si l'on peut trouver des souplesses dans
l'organisation du travail pour ne pas faire la filialisation", avance François Nogué, DRH de la SNCF.
Mais, pour Didier Le Reste, secrétaire général CGT, "ce n'est que reculer pour mieux sauter". Les conséquences sociales de l'abandon de 50 à 60% du wagon isolé suscitent aussi beaucoup
d'inquiétudes. La CGT annonce ainsi jusqu'à 6.000 suppressions de postes et la direction refusant, pour l'heure, de donner un chiffre. Selon Guillaume Pepy, "il y a beaucoup de
changements de métiers au sein de la SNCF, et il y aura de la mobilité du fret vers les autres branches".
Mais les syndicats ne se satisfont pas de cette possibilité. Didier Le Reste souligne qu'entre "2002 et 2009, plus de 20.000 emplois au statut (cheminot) ont été supprimés". Au
nom de la CFDT-Fgaac, Dominique Aubry estime de son côté que "si on voulait vraiment" reporter du trafic routier vers le rail, "on ne laisserait pas tomber le wagon isolé, qui
irrigue tout le territoire et concurrence la route directement, même si cela a un coût".
La SNCF assure qu'à terme ces projets de développement fret vont "permettre de prendre des marchés à la route", alors que le fret ferroviaire ne cesse de perdre du terrain au niveau
national, et que le marché du fret ferroviaire s'est ouvert à la concurrence en 2006. Au-delà du fret, Dominique Aubry pointe "un malaise général" lié à certains choix stratégiques
et à une profonde réorganisation de l'entreprise (cinq branches : Proximités, Geodis, Voyages, Gares et Connexions , Infrastructures et une direction de la circulation sous l'autorité de RFF).
"Sur le terrain, on ne comprend plus les projets de la direction qui investit à l'étranger au détriment de la France", ajoute-t-il Pour Guillaume Pepy, "la SNCF se transforme à
grande vitesse, mais cela est fait de manière raisonnée" afin de devenir "un groupe de transport multimodal et durable au niveau européen".

Le taux de participation réel est inférieur à la prévision de 30% faite lundi selon la SNCF, qui se félicite de la
réussite du service garanti. De son côté, la CGT annonce un chiffre de 31,6%. La belle affaire, en vérité : peut importe le vrai chiffre, au final, c'est toujours les mêmes
qui, ont payé l'addition...