FRANCE - La robe est d'un gris-bleu lumineux et la bête, fabriquée dans l'usine Crespin (filiale du groupe canadien Bombardier), près de Valenciennes, est racée. Tout
commence à la montée avec un accès qui s'abaisse jusqu'à affleurer le quai. Le parcours du combattant pour les parents avec leur poussette et les personnes à mobilité réduite ne sera plus qu'un
mauvais souvenir. Malin pour les cyclistes, l'un des quatre wagons est doté de crochets fixés au pavillon pour y pendre six vélos.
Alors, le « bi-bi », est-ce le nouveau train des bobos ? « Pas seulement », sourit Alain Le Vern, lors de ce premier voyage sur les rails haut-normands, en compagnie de Roland Bonnepart, le
directeur régional de la SNCF. « Comme son nom l'indique, le train bi-mode est bimoteur. Sa traction est à la fois électrique et thermique. Elle permet de passer d'un mode à l'autre et de
circuler sur l'ensemble du réseau y compris dans les parties qui ne sont pas électrifiées au meilleur niveau de confort », argumente le président de la Région Haute-Normandie qui a commandé neuf
de ces nouveaux trains. A 5,6 millions d'€ l'unité comprenant quatre wagons en classe unique d'une capacité de 240 voyageurs, le « bi-bi » coûte 1,6 M € de plus qu'un diesel mais n'aura aucun mal
à faire oublier autant de rames de TER diesel fourbus après trente ans de service.
Jean-Louis, aux commandes hier lors de ce voyage entre Elbeuf et Yvetot, ne tarit pas d'éloges. Poste de pilotage ergonomique, système
anti-déraillement ultra-performant comme sur les TGV… « C'est le top », tranche le conducteur. De l'autre côté de la paroi vitrée, dans la partie réservée aux voyageurs, quatre lycéennes de
retour à Yvetot tapotent le velours bleu des sièges fabriqués à Evreux chez Compin. « Magnifique ce train. Ils vont tous être comme ça ? »
demandent les jeunes voyageuses ravies. Il faudra encore un tout petit peu de patience. « L'entrée en service de ces rames va s'échelonner. Les deux dernières seront livrées entre janvier et
avril 2010 », promet Alain Le Vern.
Ces trains bi-mode circuleront sur deux lignes normandes. Pour la liaison Rouen-Caen, le nouveau train sera mis en service le 13 décembre et roulera au gazole entre Oissel et Serquigny avant de déployer ses caténaires. Entre Elbeuf et Yvetot en mode diesel de la
gare de Saint-Aubin jusqu'à Oissel puis en électrique jusqu'à la capitale régionale sur 52 km. Sur cette ligne, la mise en service interviendra en février. Outre le
gain de confort, la consommation va être sérieusement revue à la baisse puisque jusqu'alors sur ces trajets, les trains circulaient au gazole à 100 %. Et un peu moins de CO2 dans le ciel normand,
personne ne s'en plaindra.

Le successeur du bon vieux TER est un bimoteur confortable et silencieux. La Région Normandie en a commandé neuf. Mais c'est bon
pour l'environnement, alors...
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