Lundi 12 mai 2008

 FRANCE -  « Ça vient ! » La bigrue soulève, délicatement, tout un aiguillage. Les 28 tonnes, rails et traverses comprises, semblent ne rien peser. La manoeuvre, soigneusement préparée, n'aura pris que quelques secondes. Déjà, la bigrue s'éloigne, pour déposer sa charge une centaine de mètres plus loin.

Depuis samedi après-midi, 130 ouvriers et techniciens de Colas Rail et de la SNCF s'activent autour de la gare d'Angers. Tout est calculé, minuté, chronométré. « Le programme a été élaboré voici plusieurs mois, explique Jean-Louis Lemesle, chef de projet. Nous le respectons à la lettre. Nous n'avons aucun incident à signaler. »

Le chantier s'inscrit dans le vaste programme de rénovation du réseau ferré. Angers était devenue « la » priorité, avec un investissement de 4 millions d'euros. « C'est un point structurant du réseau des Pays de la Loire, confirme Stéphane Bis, responsable de la gestion. Ici convergent la ligne du Mans et la ligne qui vient de Tours. Vous avez une moyenne de 150 trains par jour. Avec Le Mans, il s'agit du plus gros trafic de la région. »

Qui dit gros trafic, dit aussi usure importante. D'où le renouvellement complet de 9 aiguillages, et le remplacement de la totalité du ballast sous une dizaine d'autres, avec changement de traverses. « Sur l'ensemble du chantier, qui a démarré en mars, cela représente 1 200 tonnes de ballast, 220 tonnes de métal et 1 300 traverses nouvelles », détaille Jean-Louis Lemesle.

Hier soir, le chantier se trouvait toujours dans les temps. « Le plus délicat reste le raccordement des voies, explique Philippe Melin, directeur de travaux. Nous arrivons à une précision de l'ordre du centimètre. Après, nous faisons des nivellements complémentaires. Il faut laisser aux cailloux du ballast le temps de se mettre en place. »

Les gros travaux devaient s'achever ce matin, à 6 h. Pour que les techniciens puissent encore vérifier les commandes des aiguillages, tester les caténaires, et remettre en route la signalisation. « Il faut assurer toutes les procédures de sécurité courantes. »

La voie devait être rendue à la circulation à 8 h précises. Pour le premier TGV en provenance de Nantes. « Nous estimons, en ce lundi de Pentecôte, que 60 000 voyageurs vont passer ici. Sans compter les trains de marchandises. » Bref, pas droit à l'erreur.



À hauteur de Maître-École, la bigrue vient de soulever l'aiguillage, pour le transporter une centaine de mètres plus loin. Elle le remettra en place, après le renouvellement du ballast.
par angers.maville.com publié dans : REPORTAGE
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Samedi 10 mai 2008
 SUISSE - Le train est en marche. Réunis hier en fin de matinée aux Bastions, les trois conseillers d'Etat concernés par le projet CEVA (Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse) ont exprimé leur immense satisfaction, suite à l'approbation des plans de la future liaison ferroviaire par l'Office fédéral des transports (nos éditions du 7 mai 2008). Après examen des 1700 oppositions et au terme de deux ans de procédure, Berne a en effet délivré aux maîtres d'ouvrage, le canton et les CFF, l'autorisation de construire.

Robert Cramer, Pierre-François Unger et Mark Muller se sont ainsi réjouis de voir le projet entrer très prochainement dans sa phase de réalisation. L'objectif affiché: commencer les travaux d'ici à la fin de cette année et attaquer le gros oeuvre début 2009.

Selon Georg Schmalz, responsable génie ferroviaire aux CFF, «les premiers appels d'offres pour le gros oeuvre seront lancés au cours du deuxième semestre de cette année». Le chantier devrait durer cinq à six ans. «On se réjouit de pouvoir monter dans le premier train, si tout se passe bien, en 2013», a déclaré Robert Cramer, enthousiaste.

Mais les anti-CEVA ne l'entendent pas de cette oreille. Ils comptent bien contester la décision de Berne devant le Tribunal administratif fédéral (lire ci-dessous). Ce qui ne surprend guère Robert Cramer: «Il y aura très certainement des recours. Mais nous essaierons de faire annuler leur effet suspensif afin de pouvoir commencer les travaux. Vu l'intérêt public sans cesse souligné de ce projet, nous avons bon espoir.» Et de fustiger l'attitude des opposants, estimant que la procédure a déjà fait perdre beaucoup de temps et d'argent: «Or il est important que l'on puisse démarrer le plus vite possible. Seul un ouvrage de cette nature est de taille à régler les problèmes de trafic de Genève.»

Reste que, dans son rapport de près de 400 pages, l'Office fédéral liste 318 charges ou demandes de modifications du projet. «Ni le tracé, ni le nombre de gares, ni leur emplacement n'ont été remis en cause, précise le conseiller d'Etat. Les demandes de modifications sont d'ordre secondaire, voire totalement secondaire.» Berne exige entre autres un renforcement des mesures de sécurité. Il faudra par exemple ajouter des sorties de secours.

"Nous allons devoir évaluer les surcoûts engendrés par les charges imposées", admet Mark Muller. "Nous tenterons de trouver des mesures de compensation, dans le but de respecter le budget global ", qui s'élève à 940 millions de francs suisses.

Contre toute attente, les anti-CEVA se disent eux aussi satisfaits du rapport émis par l’Office fédéral des transports. «C’est une victoire pour nous, car si le CEVA se fait, ce sera dans le respect des conditions de sécurité que nous exigeons depuis le début. Aujourd’hui, ils ont leur autorisation de construire mais assortie de 318 réserves : C’est énorme ! Cela montre bien que nos oppositions étaient justifiées», explique Jean-Claude Delaude, responsable de la communication du comité d’initiative «Pour une meilleure mobilité franco-genevoise».


 
Fort du feu vert donné par Berne, Genève veut réaliser rapidement la liaison Cornavin-Annemasse. Les anti-CEVA continuent le combat. Ils entendent recourir auprès du Tribunal administratif fédéral. " On s'en fout ; nous, on est content, les travaux vont démarrer..."
par TDG.ch publié dans : REPORTAGE
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Lundi 28 avril 2008

 FRANCE - Depuis le changement du système de tarification de la SNCF le 7 octobre 2007, suivi d'une augmentation des prix le 23 janvier, de nombreux usagers s'étonnent des fluctuations du billet de TGV pour un même trajet, à la même heure, selon le moment où il est acheté, y compris pour les possesseurs de carte de réduction.

Un lecteur du journal "Le Monde" avait par exemple réservé sur Internet, avec sa carte 12-25 ans, un billet Montpellier-Le Mans en seconde classe à 83,80 euros pour un aller le 24 février, et à 106,50 euros pour un retour le 7 mars. Lorsqu'il s'est présenté au guichet pour retirer et payer ses billets, l'ordinateur n'avait pas gardé trace de sa commande. A sa grande surprise, l'employée lui a délivré, aux mêmes dates et aux mêmes heures, un aller à 77,70 euros en première classe et un retour à 65,10 euros en seconde, soit 47,50 euros de moins au total !

A la SNCF, on répond qu'il a dû bénéficier d'une annulation des places d'un groupe qui s'est désisté à la dernière minute ou d'une remise dans le circuit d'une "option" posée par un client sur ce trajet et qui serait venue à expiration. Le nouveau système repose sur le principe du yield management mis au point par les compagnies aériennes : le prix du billet vendu bon marché trois mois à l'avance augmente au fur et à mesure que le train se remplit.

Même avec les cartes de réduction commerciales, les prix jouent au yo-yo avec une ampleur d'autant plus grande que l'échelle des réductions a été amplifiée, pouvant aller jusqu'à moins 60 % pour la carte 12-25 ans. "La réduction s'effectue toujours par rapport au prix "loisir standard" (le plus cher) de la classe (première ou seconde) et du niveau de TGV (période de pointe ou normale)", indique-t-on à la SNCF. D'où la grande diversité des tarifs relevée lors des simulations auxquelles nous avons procédé.

Pour un billet Montpellier-Paris en seconde classe avec une carte 12-25 ans, réservé sept semaines à l'avance, on obtenait, à la date du mercredi 4 juin, trois niveaux de prix, selon les TGV : de 30,80 euros à 37,80 euros. Et, curieusement, l'iDTGV (train permettant de voyager "à petits prix" sur des destinations situées à plus de trois heures de Paris, en réservant et en payant exclusivement sur Internet) offrait, à cette même date, un tarif inférieur au palier le plus élevé (34,90 euros en seconde comme en première classe) ! La carte de réduction n'est donc pas toujours avantageuse.

A la date plus rapprochée et plus demandée du vendredi 23 mai, on relevait, au tarif 15-25 ans, cinq paliers selon l'horaire : 30,80 euros, 39 euros, 42 euros, 47 euros et 50 euros. Parallèlement, les clients ne bénéficiant d'aucune réduction se voyaient offrir à cette même date, des prix "loisir" à 50 euros, 58 euros, 66 euros, 77,10 euros et 80 euros. Huit jours avant le départ, les tarifs "loisir" passaient à 77,10 euros, 94,50 euros et 112 euros. Ainsi, deux personnes voyageant à bord du même train peuvent avoir payé du simple au double.

Il faut aussi savoir qu'aucun billet bon marché n'est proposé en période de pointe, même s'il reste des places invendues, ce qui était le cas pendant la semaine de Pâques, où l'on ne trouvait, du mardi au jeudi, que le tarif maximum sur tous les TGV.

Enfin, il arrive que le site Voyages-sncf.com propose simultanément à la vente deux billets dans un même train à des prix différents : par exemple Montpellier-Le Mans, le 7 avril (départ 7 h 18, arrivée à 12 h 59) au tarif 12-25 ans, en première classe, à 77,70 euros, et 80,70 euros ! Selon un responsable, cet écart serait dû à ce que les deux places se trouvaient dans deux rames jumelées sur le trajet Paris-Le Mans : leur taux de remplissage étant différent, la tarification dans les deux rames ne peut pas être identique.

Il faut savoir enfin que, pour des raisons techniques, le site Voyages-sncf.com ne peut afficher plus de six trains à la fois, iDTGV obligatoirement inclus. Si, par exemple, on veut voir les trains de l'après-midi et pas seulement ceux du matin, il faut lancer une deuxième requête. Cependant, pour remédier à cet inconvénient, la totalité de l'offre sur une journée et l'affichage des trains complets devraient figurer sur la page de réservation, courant juillet.

 


Pas facile de s'y retrouver dans les nouveaux tarifs à la SNCF... dates de réservation et paliers de prix contribuent à compliquer sensiblement la compréhension du prix à payer par l'usager. Dans ces conditions, difficile à la SNCF de nous faire préférer le train : il y aurait comme dirait à faire là aussi un effort sur la communication vers les clients...

par Le Monde.fr publié dans : REPORTAGE
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Dimanche 6 avril 2008

 SUISSE - «Passer un coup de fil sur la ligne ferroviaire Lausanne-Berne, c'est l'enfer ! peste Michel un cadre lausannois habitué à travailler dans l'Intercity. La dernière fois, j'ai été interrompu trois fois entre Palézieux et Lausanne. C'est dire...» Qui n'a jamais râlé pour s'être fait couper le sifflet ? Dix ans après l'octroi de la concession GSM à Swisscom, Orange et Sunrise, le réseau comporte toujours des trous sur les grands axes ferroviaires.

C'est même un vrai gruyère (suisse) comme le démontre un test réalisé cette semaine par «Le Matin Dimanche» sur la ligne Genève-Berne (infographie). Téléphone en main, nous avons recensé huit lieux de coupures en 1 h 40 de trajet, pour les trois opérateurs.

Sunrise confirme son unique faille signalée sur cet axe et assure qu'une antenne vient d'être installée dans la région de Pully (VD) pour remédier au problème. «Moins d'une dizaine de failles sont recensées en Suisse romande», révèle son porte-parole Gottardo Pestalozzi. Et de préciser qu'une vingtaine ont été comblées en deux ans.

Moins transparents, Orange et Swisscom ne peuvent confirmer nos résultats. Et ils ne sont pas prêts de révéler leurs zones critiques, pourtant bien connues de leurs services, informés qu'ils sont par leurs clients et leurs propres tests. Mais un trou noir, c'est top secret, concurrence oblige. Et ce ne sont pas les cartes de couverture du réseau (accessibles au public sur les sites Internet respectifs des opérateurs) qui nous renseigneront mieux : elles ne sont valables que pour un coup de fil «outdoor», en plein air. Elles ne sont plus garanties dès que l'on se trouve dans un bâtiment, dans une voiture ou dans un train, des structures confinées susceptibles d'arrêter les ondes. «Comment les opérateurs osent-ils présenter des cartes en indiquant qu'elles excluent entre autres voitures et trains, alors que les gens sont de plus en plus mobiles ?» critique Didier Divorne, responsable du site Allo.ch.

Pour revenir aux trous noirs du rail, les opérateurs les expliquent pour une multitude de raisons, difficiles à hiérarchiser. Il y a d'abord la surcharge des antennes à certaines heures. Il y a aussi les problèmes topographiques dus aux vallons et aux tunnels non équipés. On pourrait surmonter ces obstacles, à condition de multiplier les antennes. Mais en poser, c'est la croix et la bannière. Thérèse Wenger, porte-parole d'Orange : «la moitié de nos demandes font l'objet d'une opposition.» Tout le monde veut téléphoner, mais sans voir pointer un mât sur son clocher.

Dans la liste des raisons, il y a aussi la sensibilité des téléphones. Sans parler de la météo. Et puis il y a les wagons et les CFF. Les wagons d'abord : leurs vitres ne sont pas adaptées au téléphone portable. Elles sont conçues pour filtrer les rayons du soleil, afin que l'on ne meure pas de chaud sur son siège. Le problème c'est que les ondes aussi sont filtrées... Les opérateurs ont bien installé des relais dans les voitures pour améliorer la réception (ils tombent aussi en panne: nouvelle raison à ajouter à la liste). Et si les CFF n'ont pas changé de vitrage, c'est parce qu'ils n'ont pas encore trouvé de solution technique. Pour le moment, entre la température et la réception téléphonique, les Chemins de fer fédéraux ont donc choisi.

«C'est vrai, reconnaît le porte-parole Jacques Zulauff, nous n'investissons pas un centime actuellement pour garantir une bonne communication dans les trains. Mais il faut rappeler que les taxes de conversations sont perçues par les opérateurs et non par les CFF. Nous sommes bien entendu intéressés à ce que la réception de la téléphonie soit optimale. Toutefois, notre priorité numéro un reste le transport de voyageurs.»

Une vision que ne partage guère l'ex-conseiller national jurassien Pierre Kohler. «Les CFF sont autant responsables que les opérateurs. Aujourd'hui, on ne prend plus le train pour regarder les vaches, mais pour travailler. Il faudrait que tous en tiennent compte.» Suite à son interpellation en 2006, le politicien s'est fait pourtant doucher par le Conseil fédéral qui lui a rappelé que les opérateurs n'ont aucune obligation légale de combler les derniers trous.

Swisscom, Sunrise, Orange, assurent faire de ce problème une priorité. «Nous mettons en place depuis quelques années des réseaux d'une nouvelle génération (UMTS), qui va permettre de doubler la capacité des réseaux et de désengorger certains axes», explique Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom. Mais il relativise: «Les clients ne se plaignent pas du réseau, bien au contraire.» Même son de cloche chez Orange.

Il est vrai que 99% de la population bénéficie d'une couverture pour la téléphonie mobile - l'une des meilleures performances en Europe. Reste que si la population est bien couverte, c'est loin d'être le cas des axes de transports très fréquentés.

Bref : on l'aura tous compris, pour téléphoner sans bug avec son mobile, il ne faut pas bouger ! Logique...
 


Difficile d'éviter les coupures de communication lorsqu'on téléphone depuis un wagon suisse. L'axe Genève-Berne, par exemple, est encore truffé de trous. Les opérateurs peinent face aux complexités techniques. Et les CFF lambinent, et c'est pas les copines qui diront le contraire....
"- Jennifeeeeeeeeeer je t'entend très maaaaal, T'es oùùùùùùeuh ?
"- A côté de toi, Cindy :. T'es louuuuurde-euh...  (mon dieu mais qu'elle est conne, cette Cindy !)

par Lematin.ch publié dans : REPORTAGE
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Vendredi 4 avril 2008

 BELGIQUE - Chaque année, on compte environ une petite centaine de personnes qui choisissent de mettre fin à leurs jours en se jetant sous un train en Belgique. C'est ce qui ressort de la réponse écrite livrée récemment par la ministre belge des Entreprises publiques, Inge Vervotte (CD & V), à un député qui l'interrogeait sur le sujet.

Le nombre de suicides sur le réseau ferroviaire est relativement constant : 96 en 2005, 97 en 2006 et 93 en 2007 (mais ce chiffre-là devra sans doute être revu à la hausse dans la mesure où, comme le précise la ministre, "les données pour l'année 2007 n'ont pas encore été entièrement intégrées"). Cela veut donc dire qu'en Belgique, environ un suicide sur 20 a lieu sur une voie de chemin de fer.

Le chiffre varie cependant assez fort d'une région à l'autre. Les chiffres donnés par Inge Vervotte indiquent que la toute grosse majorité des suicides enregistrés sur le réseau se produisent en Flandre : 70 sur les 96 recensés en 2005, 66 sur les 97 recensés en 2006 et 70 sur les 93 déjà recensés en 2007. En comparaison, les suicides sont plutôt rares ailleurs dans le pays. En Wallonie, la société nationale des chemins de fer en a comptabilisé 22 en 2005, 26 en 2006 et 21 en 2007 alors pourtant que le réseau y est nettement plus étendu qu'en Flandre. A Bruxelles, le nombre de suicides sur le rail est encore plus faible : 4 en 2005, 5 en 2006 et seulement 2 en 2007.

La ministre ne donne pas vraiment d'explication à ces différences régionales. Inge Vervotte fait quand même remarquer que les accidents sont liés à la vitesse avec laquelle passent les trains et à l'accessibilité des voies. Elle émet dès lors l'hypothèse selon laquelle "le nombre réduit de cas à Bruxelles est lié à la faible vitesse des trains en région bruxelloise".

Suicides et tentatives de suicides - lesquelles sont, sur le réseau ferré belge, à peu près aussi nombreuses que les suicides - coûtent cher à la SNCB. Les voies doivent être neutralisées, les conducteurs sous le choc doivent être pris en charge, etc. La ministre Inge Vervotte a livré les montants. Au total, suicides et tentatives de suicide ont coûté 427480 euros en 2005, 363465 euros en 2006 et 259415 euros (chiffres provisoires) en 2007.

La SNCB récupère - ou tente de récupérer - le montant du préjudice. Le plus souvent, la récupération se fait via l'assurance familiale. Si aucune assurance n'a été souscrite, la compagnie des chemins de fer dépose, le cas échéant, une plainte devant le notaire en charge de la succession. "Mais, précise la ministre CD & V, les membres de la famille ne seront en aucun cas tenus responsables du préjudice occasionné à la SNCB à la suite d'un suicide ou d'une tentative."
 
 

Sur la petite centaine de suicides recensés sur son réseau par an, la SNCB en comptabilise environ 70% en Flandre. Elle subit un préjudice total supérieur à 300 000 euros... mais le pire à endurer reste sans doute pour les familles des victimes, et aussi pour les conducteurs en état de choc qui doivent être pris en charge après de tels drames.
par Lalibre.be publié dans : REPORTAGE
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Lundi 24 mars 2008

  FRANCE - Les clients de la SNCF doivent s'attendre à des augmentations. C'est la conséquence de la réforme des péages ferroviaires que prépare le gouvernement. Tout comme les automobilistes qui empruntent l'autoroute, la SNCF doit en effet rémunérer le propriétaire et gestionnaire des rails, Réseau Ferré de France. Ces péages ont une influence directe sur les tarifs, puisqu'ils pèsent 30% du prix d'un billet de TGV.

Selon les prévisions internes de la SNCF, la réforme pourrait se traduire par une hausse de 80% des péages pour le
TGV d'ici à 2015 ! La facture passerait ainsi de 1,1 milliard d'euros en 2007 à 2 milliards en 2015. Une hausse considérable de 900 millions, qui correspond à la quasi-totalité du milliard d'euros de profits dégagé par le groupe en 2007. Il ne s'agit pour l'instant que d'une base de travail, le verdict du gouvernement étant attendu avant la fin mai. Mais la SNCF et Réseau Ferré de France (RFF) s'attendent bien à une progression importante des péages, que l'entreprise ferroviaire sera forcée de répercuter en partie sur ses clients. "L'impact des péages sur le prix des billets sera pris en compte dans l'arbitrage final", tempère-t-on au secrétariat d'Etat aux Transports, où l'on rappelle que les tarifs de la SNCF sont validés par le gouvernement.

Derrière cette réforme se joue le financement des chemins de fer français, sur fond de lutte d'influence entre la SNCF et RFF. Le gestionnaire du réseau est chroniquement déficitaire à cause de l'énorme dette issue de la SNCF (27 milliards d'euros) que lui a transférée l'Etat en 1997. D'où l'idée de ponctionner davantage le transporteur public, qui a renoué avec les bénéfices depuis quatre ans.

Ce projet a reçu un accueil bienveillant du gouvernement, le système ferroviaire ayant un besoin urgent d'argent frais. Réseau Ferré de France doit à la fois rénover un réseau en piteux état et construire d'ici à 2020 les 2000 km de lignes à grande vitesse supplémentaires promises par Nicolas Sarkozy à l'issue du Grenelle de l'environnement. Un gigantesque projet estimé à 30 milliards d'euros minimum, que l'Etat et les régions auront bien du mal à payer. "Nous devons ouvrir les yeux et mettre le sujet du financement sur la table, explique le président de RFF, Hubert du Mesnil. L'argent public disponible étant limité, les lignes à grande vitesse seront de plus en plus financées par les compagnies ferroviaires et les voyageurs." Il estime toutefois que ces derniers ne doivent "pas avoir peur" car "l'arrivée prochaine de la concurrence et la hausse du prix du pétrole va rendre le train plus compétitif face à l'avion et à la voiture".

Du côté de la SNCF, on se ronge les sangs. "La grande vitesse française est aujourd'hui moins chère que dans le reste de l'Europe. Si les péages augmentaient trop, cela casserait le modèle français du TGV populaire et accessible au plus grand nombre", indique Mireille Faugère, directrice de la branche Voyageurs France Europe, qui redoute de perdre du terrain face à l'avion. La SNCF craint également de voir fondre les bénéfices du TGV, estimés à plus d'un milliard pour 2007. Or cette manne représente aujourd'hui l'unique source de profits de l'entreprise (hors filiales), face aux déficits du fret, du transport régional et de la branche infrastructure. "Ce résultat est lié à un effet d'aubaine, car notre matériel roulant est ancien et largement amorti. Mais la situation va changer puisque nous allons devoir renouveler la majeure partie du parc TGV", prévient Mireille Faugère. "La SNCF râle mais elle a les moyens de payer", estime au contraire un cadre de RFF.

De fait, l'entreprise dispose de quelques marges de manoeuvre. La hausse des péages sera en effet partiellement compensée par l'inflation et la progression du trafic. L'an dernier, la SNCF a réussi à encaisser une première augmentation des redevances ferroviaires sans ponctionner davantage le grand public, grâce à un meilleur remplissage des trains et à la hausse des tarifs professionnels. Le nouveau président de l'entreprise publique, Guillaume Pépy, a promis mercredi de "continuer à proposer des tarifs bas". "Mais cet engagement ne prend pas en compte une éventuelle hausse massive des péages", nuance un cadre de la SNCF.

Il est encore trop tôt pour savoir si la hausse annoncée sera raisonnable ou pas. Et "vu la complexité des tarifs de la SNCF, il sera compliqué pour les voyageurs de l'évaluer précisément", glisse un spécialiste des transports. Seule certitude: que ce soit comme clients du TGV ou comme contribuables, les Français vont payer d'une manière ou d'une autre la facture de la grande vitesse.
 

Un milliard d'euros qui n'aura pas été épargné très longtemps.... RFF demande sa part du gateau et milite en faveur d'une augmentation des coûts des péages. Arbitre, le gouvernement tranchera avant la fin mai sur la question. Alors qui aura gain de cause ? la SNCF qui veut des nouveaux TGV, ou RFF qui veut rénover son réseau ? une seule certitude, l'usager devrait passer à la caisse...  et deux fois, c'est à craindre ; une fois fois pour l'un, une fois pour l'autre...

par Lejdd .fr publié dans : REPORTAGE
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Dimanche 23 mars 2008

 FRANCE -  Il est 15 heures et des dizaines de wagons quittent la gare. Jaunes, surmontés d'énormes machines et pour certains des dizaines de caravanes, ils composent le « train travaux » et les caravanes ne sont autres que celles des ouvriers de ce chantier itinérant hors normes. Pendant que les wagons passent devant le poste 2, Patrick Wozniak est aux manettes. Ce chef de gare de 48 ans, originaire d'Aniche, est un cheminot d'expérience qui a débuté sa carrière en 1979 sur Paris-Nord. Il est arrivé à Lourches en 2002 après être passé par le commercial et la sécurité.

En arrivant dans le Denaisis, il a exaucé son souhait de devenir agent de circulation. «  Chaque jour, je gère la circulation des trains, du fret au commercial, je veille à la sécurité des passages à niveau et prévient les actes de vandalisme. » Un train arrive. Patrick Wozniak se place devant un panneau de commandes qui semble d'un autre âge. « Ce combinateur date des années vingt, indique-t-il en tirant vers lui une manette. C'est certainement un des plus vieux panneaux d'aiguillage de la région... » Mais il fonctionne toujours aussi bien et est suffisant pour gérer le flux qui passe par la gare de Lourches.

En terme de voyageurs, du lundi au vendredi, 23 trains passent et 61 personnes en descendent. Le samedi, ce chiffre passe à 12 trains et 6 clients et le dimanche à 4 trains et 1 client. Le trafic est plus intense en fret, mais la concurrence faisant rage, la SNCF reste évasive sur le sujet. Néanmoins, transitent par la gare de Lourches, des trains pour AMD Nord, ex SLPM (les rouleaux de feuillards), pour Sevelnord et pour la centrale thermique de Bouchain. Jusqu'en 2006, cette dernière faisait venir le charbon par péniches, puis l'acheminait par camions.

Désormais, les trains arrivent de Dunkerque et le coke est amené directement dans l'usine. «  C'est 1 800 tonnes de charbon et donc 72 camions en moins sur les routes », explique Christophe Ubaldi, responsable de la communication externe à la direction régionale de la SNCF. Il ne dit pas qu'en réalité, il s'agit d'un train chaque jour. Mais depuis l'ouverture du fret à la concurrence en 2006, chacun se bat pour ses parts de marchés.
 
 

La vie d'un aiguilleur, ou le train-train quotidien de la gestion des manettes d'un poste d'aiguillages... Une mission permanente pour ces hommes et ces femmes de la SNCF qui,  Chaque jour, gèrent la circulation des trains, du fret au commercial, qui veillent à la sécurité des passages à niveau et préviennent les actes de vandalisme...

par Lavoixeco.com publié dans : REPORTAGE
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