ROYAUME-UNI - Après avoir nationalisé les banques pour leur éviter la faillite, le premier ministre britannique, Gordon Brown, se
voit contraint d'investir maintenant dans le transport ferroviaire. Ce mercredi 1er juillet, Londres a annoncé que l'Etat allait en effet reprendre en main l'exploitation de la plus
importante ligne de chemin de fer du pays, celle de Londres-Edimbourg, qui transporte 17 millions de passagers par an. L'opérateur privé, National Express, a décidé de se retirer d'ici à la fin
de l'année, alors que Downing Street refuse de revoir les termes de son contrat.
C'est la seconde fois en trois ans que cette ligne de la côte Est perd son exploitant. En 2006, l'opérateur
GNER s'était engagé à payer 1,3 milliard de livres (1,5 milliard d'euros) sur dix ans à l'Etat pour la gérer, puis avait renoncé, arguant que l'opération ne serait pas rentable. National Express
avait pris le relais à l'été 2007, pour la somme record de 1,4 milliard de livres sur sept ans et demi. En pleine récession, le chiffre d'affaires sur cette ligne n'a augmenté que de 1 % sur les
six derniers mois au lieu des 10 % par an prévus. Dans ce contexte, au premier semestre 2009, elle y a perdu 20 millions de livres.
Lord Adonis, le ministre des transports, a jugé "fort regrettable" cette décision et déclaré que National Express, en mesure de rétorsion, pourrait être privé de ses deux autres
franchises qui, elles, sont bénéficiaires. Le gouvernement n'a pas souhaité renégocier avec National Express par peur de voir les opérateurs des autres lignes venir à leur tour demander des
conditions plus favorables. Il compte lui trouver un remplaçant fin 2010, avec qui il sera sans doute contraint de revoir ses ambitions à la baisse.
Quoi qu'il en soit, le retrait de National Express montre une nouvelle fois à quel point le système de franchises mis en place dans le secteur du rail par les conservateurs - et pérennisé par les
travaillistes au pouvoir depuis 1997 - ne donne pas satisfaction. On en compte dix-neuf aujourd'hui. Seize sont accompagnées d'une subvention publique à l'opérateur, pour l'aider à payer ses
charges à Network Rail, qui entretient le réseau ferré. Les trois autres franchises, dont celle de la côte est, sont censées être rentables. Leurs exploitants versent donc un loyer à l'Etat pour
avoir le droit d'y opérer. Cela dit, si les objectifs inscrits dans le contrat ne sont pas atteints, l'Etat doit prendre à sa charge entre 50 % et 80 % de l'écart. Et rien n'empêche un opérateur
d'abandonner une ligne s'il le souhaite.
Pour Stephen Glaister, professeur à l'Imperial College de Londres, "le contribuable paye pour que le secteur privé endosse le risque commercial, mais finit toujours par en supporter le
coût". La nationalisation de la ligne Londres-Edimbourg pendant un an au moins permettra en tout cas de voir combien coûte son exploitation. Et pourra donner une idée à Downing Street de
l'opportunité, ou non, de maintenir le système actuel.

3 années : 3 essais.... et pas fructueux pour deux ronds. Le gouvernement anglais se voit contraint d'investir dans le
transport ferroviaire, et de reprendre en main l'exploitation de la plus importante ligne de chemin de fer du pays, celle de Londres-Edimbourg, qui transporte 17 millions de passagers par an.
"Well, on est dans la merde avec les voies ferrées, mais bon.... don't worry, on va apeler Bruxelles pour passer à la caisse..."